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Aimez, comme je vous ai aimés…

dimanche 24 mai 2009

Je ne vous dis rien de nouveau ni de surprenant si je vous dis ce matin que Jésus et la Bible nous parlent souvent de l’amour. Mais ce n’est pas un mot simple. Ce n’est pas une simple émotion. L’amour est à la fois l’essence même de notre foi et son plus grand défi.

Nous sommes toujours dans la saison liturgique de Pâques et, en ce septième dimanche de Pâques, nous nous tournons une fois de plus vers la croix pour discerner les vérités dont elle nous parle. Fermez vos yeux un instant et trouvez l’image de Jésus, accroché, avec des clous dans ses mains et dans ses pieds… Jésus, saignant de toutes ses plaies… Jésus, couronné avec sa couronne d’épines… Jésus, dépourvu de ses vêtements, humilié, crucifié comme le plus bas des criminels… Jésus, mort pour nous. Et maintenant, changez d’image. Trouvez encore la croix, mais cette fois-ci imaginez-la vide. Une croix vide, symbole de la résurrection, de la mort vaincue par Jésus.

Ces deux images, si différentes, nous parlent toutes les deux de l’amour, d’un amour si large, si profond, si généreux, que nous avons du mal à le comprendre, et à l’appréhender. La première image, celle de Jésus sur la croix, nous parle de ce sacrifice qu’a fait Dieu pour nous. Il nous a envoyé son Fils unique, et il l’a envoyé à sa mort sur cette croix pour l’expiation de nos péchés. Nous sommes bien aimés de Dieu à ce point ! Incroyable ! Et la deuxième image, celle de la croix vide, nous révèle à la fois l’amour de Jésus qui s’est sacrifié pour nous, et l’amour de Dieu qui par la mort et la résurrection de son Fils, ouvre devant nous le chemin vers la vie éternelle. Oui ! Dieu nous aime à ce point-là.

Dieu nous aime. Nous le savons. Nous le croyons. Nous en parlons assez facilement. Mais la Bible et Jésus ne nous parlent pas simplement de l’amour de Dieu. Selon l’apôtre Jean, Jésus nous dit ceci : « C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » « Aimez ! » Ca veut dire quoi exactement ?

Je peux dire, « J’aime le maïs en épi. » ou « J’aime la mousse au chocolat. » J’aime aussi les balades de Georges Moustaki et le saxophone de Kenny G. J’aime voyager et j’aime vivre en France. Mais aimer dans ce sens n’a rien à voir avec le commandement de Jésus.

J’aime mon mari de presque 39 ans. J’aime mes deux enfants et mes deux petits enfants. Je donnerais volontiers ma vie pour eux sans avoir à y réfléchir. Aimer les êtres qui nous sont chers, c’est quelque chose de profonde, quelque chose qui touche notre âme. Cet amour vient des coins les plus profonds de nos corps et s’exprime de mille façons différentes. Cet amour s’approche de l’amour dont Jésus a parlé, mais je vous ai parlé il y a quelques minutes du défi de ce commandement et j’aimerais élucider un peu ce point.

« Aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jésus ne nous commande pas simplement d’aimer nos parents, nos enfants, nos époux et épouses. Aimez les un les autres… Aimez celle ou celui qui est à côté de vous ce matin. Aimez votre voisin du palier. Aimez l’enfant qui pleurniche dans un restaurant ou dans un avion. Aimez les immigrants. Aimez les SDF. Aimez les homosexuels, les juifs, les musulmanes… Tout d’un coup cet amour est tout autre chose.

Selon Marc, Jésus dit, lors de son sermon sur la montagne, « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Et Luc élabore encore ce discours. Selon lui Jésus dit, « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. A qui te frappe sur une joue présente encore l’autre ; et à qui te prend ton manteau ne refuse pas non plus ta tunique. »

Aimez les gens qui nous aiment, n’est pas trop difficile. Mais aimez les gens qui nous font du mal, les gens qui nous diffament, les gens qui nous maudissent… voilà le défi dont je parlais tout à l’heure. Revenons au commandement de Jésus car il faut bien l’entendre : « Aimez les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Comme je vous ai aimés. Comme Jésus nous a aimés.

Aimez sans juger.
Aimez sans demander que l’autre vous aime.
Aimez sans conditions
Aimez sans compter le coût
Aimez vos ennemis
Aimez en se donnant aux autres

Facile de dire… Souvent difficile de faire. Aimer c’est plus qu’un simple exercice intellectuel. Ce commandement d’aimer comme Jésus nous a aimés, demande un engagement total. L’amour devrait être le principe qui dirige nos pas, nos gestes et nos actes. Imaginez que vous vous trouvez dans la voiture. Le chauffeur devant vous fait une bêtise. Au lieu de le maudire, priez pour lui, priez que Dieu le protège. La caissière au supermarché est lente, contentieuse, sarcastique. Au lieu de riposter, imaginez qu’elle a un enfant malade à la maison ou que son époux est au chômage. Souriez et souhaitez-lui une bonne journée. Quand vous voyez un clochard au coin de la rue, quand une femme, bébé dans les bras, vous demande de l’argent pour du lait ou des couches, quand un adolescent mal habillé et grossier vous croise le chemin, essayez de voir l’image de Christ dans chacun de ces visages.

Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, nous parle de l’amour en disant :
L’amour est patient,
l’amour est serviable,
l’amour n’est pas envieux,
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d’orgueil,
ne fait rien de malhonnête ou d’inconvenant,
ne cherche pas son intérêt,
ne s’exaspère pas,
ne tient pas compte du mal, n’entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de l’injustice, de voir l’autre dans son tort,
mais il se réjouit de la vérité, se réjouit avec celui qui a raison ;
il supporte tout,
il croit tout,
il espère tout, il endure tout.

« Aimez, les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Ce commandement nous interpelle. Ce commandement nous pique la conscience. Ce commandement nous demande une réponse et un engagement. Il nous demande non seulement d’aimer mais aussi de d’agir. Peut-on dire qu’on aime les un les autres si on ne fait rien pour les victimes d’injustice ? Peut-on dire qu’on aime les uns les autres si on n’agit pas en faveur des marginalisés et défavorisés de notre société ? De notre ville ? Aime-t-on les affamés si on ne leur donne rien à manger ? Aime-t-on les étrangers, les immigrés, les réfugiés, si ne leur rend jamais visite dans le centre de détention ?

« Aimez les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Un grand défi. Oserions-nous accepter ce défi ? Faire face à ce défi, et nous engager, peut-être nos deux églises ensemble, pour explorer et développer un plan d’action et d’engagement ? A l’Eglise Internationale, on chante parfois une cantique qui proclame, « They’ll know we are Christians by our love… Ils sauront que nous sommes chrétiens par notre amour. » Pourrions-nous imaginer davantage de moyens de manifester cet amour de Dieu envers les uns les autres ?
Les besoins ne manquent pas. Les moyens non plus. Il ne manquent que : des mains qui touchent, des pieds qui vont à la rencontre de l’autre, et la volonté d’aimer les un les autres comme Jésus nous a aimés.

Notre Dieu est un Dieu d’amour, de bienveillance, et de miséricorde. Que le peuple de Dieu puisse un jour être ainsi décrit aussi.
Amen.

Carol Simpson