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Concert Anniversaire Haendel

lundi 14 septembre 2009

C’est autour de HAENDEL (250e anniversaire de sa mort oblige) que le CHOEUR du BOUCLIER et son ENSEMBLE INSTRUMENTAL se produiront le 20 septembre à 17 h au Temple du Bouclier.

En oeuvre phare, le fameux Motet "DIxit Dominus" écrit à l’époque par le jeune Haendel, alors en Italie, placé sous la protection de ses mécènes catholiques.
L’écriture puissamment expressive de ce motet préfigure déjà les grandes fresques chorales à venir. Tout un programme !

Autour du Choeur du Bouclier, un orchestre à cordes important et 5 solistes : Céline Mellon et Sarah Dewald (soprani), Nadia Guerguieva (alto), Christian Lorentz (ténor), Fabien Gaschy (basse).

Les solistes de l’ensemble instrumental du Bouclier s’en donneront à coeur joie afin d’interprèter le "Concerto Grosso Op 3", une oeuvre enjouée et pleine de dynamique (solistes : Bruno Seckler, violoncelle - Christophe Le Divenah, hautbois - Françoise Stricker, violon). Enfin, une pointe d’originalité avec la participation d’un ensemble de hautbois "les Hautboys de M. Rohan", qui joueront quelques extraits des "Water Music" !

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Georg Friedrich HAENDEL et son "DIXIT DOMINUS"

Parmi les compositeurs majeurs du 18e siècle, J.S. Bach et G.F. Haendel sont en général cités conjointement. Or ces deux Maîtres sont très différents dans leurs destinées, leurs perspectives, leurs conceptions, même si l’on trouve des parentés de style, car leurs sources se situent dans la musique baroque...

Jean Sébastien Bach, issu d’une famille de musiciens, s’est surtout consacré à la musique religieuse : Cantates, Passions, Messes, Motets. Il a manifesté un intérêt soutenu pour l’écriture polyphonique, qu’il a portée à un niveau jamais atteint, notamment dans ses dernières oeuvres : l’Art de la Fugue, l’Offrande Musicale et l’aspect technique de la musique contrapuntique était inhérent à sa démarche. Il faut aussi se souvenir que J.S. Bach a été un organiste compétent et respecté, notamment pour la réceptin d’orgues dans les églises d’Allemagne.

Le chemin suivi par G.F. Haendel est tout différent. Né à Halle en 1685 (comme Bach), ses aptitudes musicales furent reconnues très tôt ; il se forma sous la direction de Zachow, organiste et directeur de la musique à Halle. Il commença sa carrière musicale en Allemagne du Nord et se lia d’amitié avec Georg Philip Telemann (1681-1757), le grand Maître de la musique baroque, à la culture encyclopédique, qui lui fit connaître notamment la musique française.

Cependant, c’est l’Opéra qui fascinait Haendel. Or, au 18e siècle, qui dit opéra dit Italie. A l’invitation du Prince de Medicis, Haendel se rendit en Italie et y passa quatre ans, de 1706 à 1710. Durant ce séjour à Florence, Rome et Naples, Haendel étudia l’Opéra Seria et se lança dans la composition de ses premiers opéras. Toutefois les opéras ayant été frappés d’un ban papel, Haendel - comme bien d’autres - eurent recours à l’Oratorio, du moins pour les oeuvres ayant un caractère ou un sujet religieux.

Après ce séjour en Italie, Haendel rentra en Allemagne (Hambourg, Hanovre), mais dès la fin 1710, il se rendit en Angleterre et y demeura le restant de sa vie, si on excepte quelques voyages dans son Allemagne natale, où il était d’ailleurs fort célébré. Il devint citoyen britannique et mourut en 1759, en pleine gloire.

Haendel écrivit en Angleterre un grand nombre d’opéras de style italien, souvent chantés par des Italiens, qui eurent un succès retentissant. Cependant des dissensions, des scandales et aussi l’austérité ambiante conduisirent vers 1725, en Angleterre, à des limitations strictes concernant la représentation d’opéras.

Cela servit d’incitation à Haendel qui passa ainsi de l’Opéra à l’Oratorio et ce furent en définitive les Oratorios qui scellèrent sa gloire (le Messie, Judas Macchabée, Israël en Egypte...). Il écrivit aussi beaucoup de musique instrumentale, dont les célèbres "Water Music" et "Music for the Royal Fireworks" qui font intervenir un ensemble orchestral considérable.

Contrairement à Bach, Haendel n’a pas été "redécouvert" au 19e siècle, car ses oratorios et ses oeuvres instrumentales n’ont jamais cessé d’être jouées avec succès, en Grande Bretagne, comme sur le continent.

Durant son séjour en Italie, Haendel consacra une fraction appréciable de son temps à composer de la musique d’Eglise pour satisfaire aux demandes de ses "protecteurs", le Prince Ruspoli et le Cardinal Pamphili : Motets, Antiennes, Psaumes, Te Deum. La création de ces oeuvres était souvent confiée à A. Corelli, Maître de Chapelle à Rome.

Plusieurs éminents représentants de l’Eglise catholique romaine s’étonnèrent de ce qu’un Protestant sache aussi bien assimiler le style d’église italien, si chargé émotionnellement, tout en marquant ses oeuvres de sa personnalité propre, et sans parodier les compositeurs italiens Corelli, Domenico Scarlatti, Sammartini. On incita Haendel à se convertir au catholicisme, mais celui-ci leur répondit : "J’ai été élevé dans la foi protestante. Ce n’est peut-être pas la bonne, mais je veux lui demeurer fidèle". Et il s’y tînt. Cela ne l’empêcha pas de continuer à composer des oeuvres religieuses destinées au culte catholique.

Le "Dixit Dominus" figure parmi les oeuvres les plus marquantes de la période italienne de Haendel. Il s’agit du "Psaume 110", et cette oeuvre a peut-être fait partie d’une série de Motets destinés à une communauté carmélite de Rome. Haendel était alors âg" de 23 ans ; bien que de structure italienne, cette oeuvre contient déjà l’essentiel du style alerte, vivant, qui caractérisera ce sompositeur.

Notons que le style des oeuvres religieuses de Haendel est essentiellement polyphonique, mais le contrepoint y est moins rigoureux que celui de Bach. On y trouve de nombreux fugatos, mais les fugues strictes et austères sont rares. Haendel demeure fidèle à la basse continue et à l’aria da capo. Dans les choeurs comme dans les airs, les lignes mélodiques sont soignées, toujours asservies au texte qu’elles illustrent. Pour lui, la musique doit toujours servir le texte. Enfin Haendel se distingue de ses contemporains pour sa science de l’orchestration.

Paul REMPP