Une église réformée protestante au centre-ville de Strasbourg, membre de l’UEPAL

Bienvenue

Welcome

Willkommen

Accueil > Le Bouclier > Quatre ancrages théologiques pour aujourd’hui

Quatre ancrages théologiques pour aujourd’hui

samedi 25 août 2012

1. Nous vivons d’une confiance reçue et partagée

Cette confiance qui nous précède n’est pas grandie par nos réussites, elle n’est pas ruinée par nos échecs. Et puisque je découvre que ma propre existence est digne d’une telle confiance de la part de Dieu, alors même que je n’y suis pour rien, pourquoi en irait-il autrement de toute autre existence ?
C’est pourquoi je peux me réjouir de rencontrer, car la rencontre est désormais éclairée d’une promesse de fraternité. Je peux faire confiance à demain, car Christ m’y accueillera comme il m’a accueilli aujourd’hui. Il vaut la peine de s’engager avec beaucoup d’autres pour rendre le monde plus juste et plus fraternel, puisque Dieu y a engagé son amour.

Nous vivons d’une confiance reçue, partagée, contagieuse.

2 La lecture de la Bible nous met debout, elle rend ses lecteurs sujets et responsables

La Bible ne fait pas de ses lecteurs des objets, des exécutants de consignes à appliquer. Les Ecritures appellent leurs lecteurs à devenir des interprètes ; ni perroquet, ni réceptacle d’une interprétation établie, le lecteur saisit le texte pour le comprendre et être ainsi saisi par ce texte qui interprète à son tour son existence, avec toutes ses ressources d’intelligence personnelles et communautaires.
C’est d’abord dans ce sens-là que la Bible nous met debout : elle rend ses lecteurs responsables, appelés à répondre. Puisque Dieu aime le monde et qu’il fait confiance, puisque la lecture des Ecritures suscite un « je » et un « nous », alors à nous de nous lever pour interpréter l’amour de Dieu dans ce monde. A nous de chercher, dans cette liberté souveraine qui nous est donnée, la manière d’être serviteurs aujourd’hui.

3. Nous ne pouvons pas nous passer de l’autre

Notre « tête-à-tête » avec Dieu, c’est certes le refus d’une médiation obligatoire mais c’est aussi le refus de la confusion, de l’idée d’une immédiateté à Dieu. Ce fantasme de transparence, d’immédiateté, est la manière la plus séduisante, la plus faussement humble de se prendre secrètement pour l’égal de Dieu.
Ainsi, il n’y a pas de parole interne de Dieu, sans parole externe ; il n’y a pas d’équivalence entre Bible et Parole de Dieu : il y faut le travail critique de l’interprétation, la collégialité de la communauté et l’éclairage de l’Esprit de Dieu lui-même. Le frère, la sœur est le plus court chemin entre Christ et moi. Il n’y a pas de prolongement direct et immédiat entre la vérité, qui est Jésus-Christ, et la morale, qu’il nous faut élaborer et choisir, par le biais de la réflexion, de la confrontation, du débat avec les autres.

Autrement dit, Dieu ne vient pas à moi en faisant l’économie de l’autre. Il n’y a pas de chrétien sans communion avec les autres. Et c’est la raison pour laquelle, nous avons développé une culture du débat, nos ministres sont d’abord des théologiens, nous valorisons l’engagement, la collégialité, la « marche ensemble » (synode) . Nous croyons que le tiers est une bonne chose, nous ne pouvons pas nous passer de l’autre.

4. Etre luthéro-réformé c’est cultiver une certaine sobriété

Nous sommes chez nous plutôt du côté de la parole articulée, réfléchie, ou d’un certain silence. Nous valorisons le chant choral qui édifie la communauté. Nous croyons que Dieu est Dieu et donc qu’il opère des miracles, des guérisons ou des délivrances, mais nous ne parions pas dessus. Une piété réformée s’exprime dans une certaine pudeur, une ouverture à l’autre, et un encouragement permanent au dialogue et à la remise en question.

Nous nous retrouvons dans le programme « Justice, Paix et Sauvegarde de la Création » du Conseil Oecuménique des Eglises.