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Retour sur la journée interparoissiale Strasbourg Centre du 6 février 2011

vendredi 8 avril 2011

Au démarrage de la journée nous avons ressenti une vraie joie d’être ensemble, paroisses protestantes du centre ville si proche et qui se connaissent, dans le fond, si peu et si nombreux (300 personnes dit-on). Cette joie, nous l’avons ressenti, dès le temps de louange du début du culte, le chant de l’assemblée et celui des deux chorales réunies du Temple Neuf et de Saint Pierre le Jeune. Et puis, il y a eu cet aspect intergénérationnel : la présence d’adultes de tous les âges, des enfants et des jeunes.
Alors, lorsque Pierre Magne de la Croix rappela ce qui avait été vécu au Bouclier quelques temps auparavant, en parlant de construction de tentes dont il restait encore les fils tendus dans le temple, chacun a souhaité que les fils tendus entre nous au long de cette journée resteraient en place, permettraient la construction, ensemble, de nouveaux projets, d’élargir l’espace de nos tentes personnelles et paroissiales.

La prédication du pasteur Alain Houziaux a porté sur ce passage connu du prophète Michée 6/8, que le prédicateur semble particulièrement affectionner et qu’il sait mettre en scène comme un orateur de talent pour certains, un tribun diront d’autres, plus réservés : « On t’a fait connaître, ô homme ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec ton Dieu ».
Notre prédicateur nous a fait passer d’une compréhension moralisante de ce passage au 19ème siècle à une vision du 21ème siècle où exigence de l’Evangile et pleine conscience de l’indispensable grâce de Dieu se tissent ensemble. En quelque sorte il nous a invité à quitter le protestant en costume gris pour revêtir un habit de travail aux couleurs vives.
Il nous rappelé l’aspect subversif, révolutionnaire de l’Evangile et nous a encouragé à ne pas l’édulcorer mais au contraire à nous laisser retourner par sa radicalité.

Justice et amour du prochain sont du même souffle, de la même veine, les deux aspects d’une même réalité, constamment à mettre en lien l’un avec l’autre. La raison d’être de la justice est l’amour de l’homme. L’objectif de l’amour est la justice. Pour ce faire il s’agit de payer de sa personne, de renoncer à quelque chose, non l’autre, mais moi. C’est envers l’autre que j’ai une dette.
Il s’agit de permettre à chacun d’être lui-même, de devenir lui-même.
Pour suivre ce projet fixé par Dieu dans sa radicalité, les traces laissées par le Christ comme nous l’avons confessé : « nous sommes ses pieds pour marcher sur des chemins de rencontre », oui, pour poursuivre la route qu’il a ouverte nous pouvons compter sur la grâce de Dieu. Elle nous appelle à faire preuve de beaucoup d’humilité. « Que je saisisse toujours la trace que fait ta grâce » avons-nous chanté à la fin du culte. Cet appel à l’humilité n’a guère été développé par le prédicateur, qui, au goût de certains, a un peu trop tourné sur lui-même.

Le repas fut un temps fort de partage et convivialité autour de tables joliment préparée ; la soupe était excellente, merci à ceux qui l’ont préparée.

Les deux tables rondes de l’après-midi introduites de façon remarquable et très pointue par Jean- Gustave Hentz « Comment accepter de vieillir ? » et Doris Schirardin « La religion peut-elle rendre heureux ? » ont été l’occasion d’échanges animés où le pasteur Houziaux donnait parfois l’impression d’être irrité, sans doute parce qu’il n’avait pas pu suffisamment s’y préparer.
Ces tables rondes avaient comme objectif de confronter notre foi avec les questions de société, les préoccupations auxquelles nous sommes souvent directement confrontées.

Retenons pour la première

-  l’importance du regard que nous portons sur les personnes âgées, de leur dignité qu’il s’agit parfois de réhabiliter à leurs propres yeux

-  les petits plaisirs des personnes vieillissantes qu’il nous appartient de favoriser à travers notre accompagnement

-  l’objectif de permettre à chacun de mourir guéri, c’est-à-dire en s’étant réconcilier avec sa vie

Pour la deuxième

-  heureux est celui qui sait prendre la réalité telle qu’elle est, en consentant à ce qu’elle est

-  heureux est celui qui sait « lâcher prise »

-  la foi chrétienne peut y contribuer, elle peut nous aider à vivre l’intensité de la vie avec ses contradictions. Le vivre ensemble, la communauté nous sont, en tout cas, d’une aide précieuse.

A travers ces échanges, ces rencontres, se sont autant de liens que nous avons pu tisser entre nous, entre nos convictions faites de confiance et d’hésitations et notre vécu au quotidien. Nous avons aussi pu planter quelques piquets pour bien amarrer nos liens.

Nous espérons que ces liens tissés élargiront l’espace de nos tentes et que nous pourrons continuer à nous abriter les uns auprès et avec les autres. Et « faire ainsi ce que le Seigneur attend de nous ».

Merci à tous ceux qui ont pensé, porté, réalisé cette journée.

Evelyne Will- Muller et Bernard Sturny.