Pâques: la résurrection se produit dans l’obscurité

« Le peuple qui marche dans l’obscurité voit une grande lumière. Sur ceux qui vivent au pays des ténèbres, une lumière se met à resplendir. » (Esaïe 9,1)

Je trouve parfois frustrant de constater que, plus je grandis et plus j’apprends, plus le monde me paraît obscur. Je croyais qu’en vieillissant, on était censé voir plus clair !

Mais en ce temps de montée vers Pâques, je me demande si la liberté ne consiste pas à accepter cette part d’obscurité, à entrer dans ce qui nous échappe, plutôt qu’à chercher une lumière totale et permanente. Certes, la Bible parle de Jésus comme de la lumière du monde, et l’on a souvent imaginé le salut comme une clarté éclatante ou la disparition des ténèbres. Pourtant, au cœur de Pâques, il y a une vérité plus discrète : la résurrection se produit dans l’obscurité.

D’ailleurs dès le récit de la Création, tout commence ainsi. Le jour nouveau naît du soir : « Il y eut un soir, il y eut un matin ; ce fut le premier jour. » La lumière surgit du chaos, mais elle n’efface pas d’un coup la nuit, elle en émerge.

Je me demande si Dieu n’œuvre peut-être pas justement là, dans ces zones obscures : dans le vide au bord de l’abîme, dans le mystère du sein maternel, dans ce qui se tisse en nous sans que nous le comprenions, dans ces moments où la nuit tombe, où les rêves apparaissent — avec leurs peurs — mais aussi avec leurs possibles. Dans l’obscurité, quelque chose commence à naître.

Les femmes qui se rendent au tombeau, ce matin de Pâques, avancent dans la nuit ou à l’aube. Elles n’ont sans doute pas cessé d’avoir peur, mais elles continuent de marcher. Et là, un messager éclatant leur apparaît. Les gardes, terrifiés, s’effondrent. Les femmes, elles, tiennent bon. Et elles entendent cette annonce : il n’est pas ici, il est ressuscité !

Tout cela se passe alors qu’il fait encore sombre. Le traumatisme est encore présent, les blessures encore ouvertes, la fatigue bien réelle. La résurrection n’attend pas que tout aille mieux. Elle surgit au cœur même de la nuit.

Et pourtant, quelque chose a déjà changé. Un jour nouveau a commencé. La vie s’est mise en mouvement, plus forte que la mort. En se relevant du tombeau, Jésus affirme que la mort n’a pas le dernier mot. Il nous montre aussi qu’aucune situation, aussi brisée soit-elle, n’est définitivement perdue.

Car Pâques commence dans la nuit.

Nous n’avons donc pas à craindre l’obscurité. Dieu lui-même y est entré, jusque dans les profondeurs, et en a ouvert toutes les portes. Plus rien n’est hors de sa portée.

Souvent, je me demande: Dans les temps qui sont les nôtres, comment vivre sans être dominée par la peur ? Alors j’essaie de choisir de vivre à partir de cette résurrection. En avançant, même tremblante. En continuant, même quand tout en moi hésite.

Car oui, il y a de nombreuses raisons d’avoir peur. Le mal existe, la mort est bien réelle, fragilement proche. Mais elle n’a pas le dernier mot. Dieu lui-même a traversé la mort pour la vaincre.

A Pâques, je crois que nous pouvons entrer dans l’obscurité — non pas pour tout comprendre, tout analyser, tout maîtriser — mais parce que nous n’avons pas besoin de tout savoir pour être libres. Il nous suffit de nous appuyer sur cette vérité : la vie est plus forte que la mort.

J’essaie de ne plus avoir peur car la résurrection se produit dans l’obscurité. Elle se joue là où mes certitudes s’effondrent, là où j’accepte de ne pas tout maîtriser, là où je consens à avancer sans tout voir. Et ma liberté naît peut-être de là : continuer à marcher sans connaître tout le chemin, en faisant confiance à une présence qui m’accompagne.

Pour moi, célébrer Pâques c’est ça aussi : dans la lumière comme dans la nuit, dans ce que je comprends comme dans ce qui m’échappe encore, je ne marche jamais seule.

Pasteure vicaire Juliette Marchet

Inspirée par « God didn’t make us to hate us », Rev. Lizzie McManus-Dail, 2025, Penguin Random House.

 

Venez vivre ce temps de Pâques avec nous:

  • Jeudi 2 avril à 19h: Repas du Jeudi Saint (complet)
  • Vendredi 3 avril à 10h30: Culte du Vendredi Saint avec Sainte Cène
  • Samedi 4 avril à 10h: Balade des cerisiers en fleurs, covoiturage avec rendez-vous Place de l’Université (avec votre sandwich)
  • Dimanche 5 avril à 9h30: Petit-déjeuner suivi d’une chasse aux oeufs, à 10h30: Culte de Pâques avec Sainte Cène

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Édito

Ordination de la pasteure Juliette Marchet

Le saviez-vous ?

Pour accéder au ministère pastoral dans notre Église (l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) il faut avoir compléter un cursus de cinq années de théologie protestante et trois années de formations professionnalisantes appelées vicariat. Durant ces trois dernières années, il faut à plusieurs reprises avoir rencontré la « Commission des ministères », un groupe de personnes qui suivent, discernent et agréent bénévolement les potentielles pasteures. Et enfin, une fois que cette commission a donné un avis positif, il faut que le Conseil restreint de l’Uepal décide d’accueillir les candidates comme ministre de l’Union d’Église.

Beaucoup de mots pour vous dire que cela fait huit années que je me prépare à devenir pasteure et que j’arrive enfin à la fin de ce parcours marqué par mon culte d’ordination ! Ce culte sera célébré collectivement avec mes collègues de promotion qui elles et eux aussi, ont suivi ce long parcours et occupent désormais leurs postes dans différentes paroisses d’Alsace et de Moselle.

Selon le texte de référence de la Communion d’Églises Protestantes en Europe, Ministère – Ordination – Episkopé, « l’ordination est l’action officielle effectuée au nom de Dieu par laquelle une Église reconnaît et confirme la vocation d’une personne et ses aptitudes à un ministère spécifique et mandate la personne ordonnée en vue de ce service. L’acte liturgique d’ordination se déroule au milieu de la communauté réunie pour son culte et comprend l’imposition des mains et la prière appelant la venue de l’Esprit Saint. Cet acte rappelle que tout ministre dépend de la force, de l’inspiration que Dieu lui accorde, ainsi que de la prière de la communauté demandant à Dieu de l’accompagner de son Esprit Saint dans le service qui l’attend. L’ordination ne créé cependant pas une distinction qualificative entre les personnes ordonnées et celles qui ne le sont pas au sein de tout le peuple de Dieu. »

Ainsi, en étant ordonnée le dimanche 18 octobre, je ne rentre pas dans un « ordre » de personnes qui seraient plus proches de Dieu. A mon sens, l’ordination est un événement qui n’aura lieu qu’une seule fois dans ma vie, où l’on demandera à Dieu, devant une assemblée, de me donner la force et la bénédiction de me mettre au service de l’Église et de ses membres. Car être pasteure, ce n’est pas seulement avoir un beau CV de huit années (ou plus !) de formation. C’est avant tout vivre une vocation : celle de faire confiance à Dieu et me lancer dans l’aventure folle de servir l’Église, en 2026, dans notre monde sécularisé, où être pasteure n’est pas particulièrement vu comme un métier « cool ».

Dans le monde réformé, on parle plutôt de « reconnaissance des ministères ». Mon côté luthérien m’a fait choisir le terme ordination car je crois que même si j’arrêtais un jour d’être pasteure, on ne pourrait pas m’enlever le fait que je l’ai un jour été. Un peu à la manière d’un baptême, je crois qu’il y aura un avant et un après l’imposition des mains et la bénédiction que je recevrai le 18 octobre. En devenant officiellement pasteure, je ne deviens pas meilleure que les autres, loin de là. Mais je crois que pasteure n’est pas un métier comme les autres, et c’est ce que j’aime.

Alors merci chère communauté du Bouclier de m’avoir accueilli et de m’avoir permis de continuer à aimer être pasteure ! Je sais que j’ai beaucoup de chance de pouvoir débuter mon ministère auprès de vous. Alors si c’est possible pour vous, j’aimerais vous demander de penser à moi le dimanche 18 octobre. Et si vous le pouvez, vous êtes bien entendu les bienvenu·es pour vivre ce culte en présence avec nous à Saverne.

Les informations pratiques : le culte aura lieu le dimanche 18 octobre 2026 à 15 heures à l’église protestante de Saverne (Place des Dragons). Le culte sera suivi d’un moment convivial à la salle Marie-Antoinette au château des Rohan.

Pasteure Juliette Marchet

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.