La soif, l’oasis et la grâce

Au désert, le peuple d’Israël a connu la faim et la soif. Non seulement celle du corps, mais celle de l’âme. Face à l’immensité aride et à cette mystérieuse manne, des questions surgissent alors : « Qu’est-ce que c’est ? ».

Le peuple maugrée, idéalise l’Égypte qu’il vient de quitter et regrette les marmites de viande. Mais Dieu pourvoit inlassablement. Il envoie jour après jour cette nourriture qui prend le goût que chacun lui donne, signe d’une grâce qui s’adapte à notre pauvreté, sans que nous puissions toutefois en faire des réserves.

Jésus, dans l’Évangile de Jean, poursuit patiemment l’enseignement :

« C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui met sa foi en moi n’aura jamais soif. »

La soif. Elle est plus profonde que la faim. On peut survivre plus longtemps sans manger que sans boire. La soif nous tenaille, nous obsède : soif de sens, soif de reconnaissance, soif de paix. Au cœur de nos déserts personnels — maladie, deuil, doute, échec, solitude — cette soif se fait cri.

L’oasis. C’est le lieu inattendu où la grâce jaillit. Jésus se présente lui-même comme cette oasis vivante. Il ne nous promet pas d’éliminer les déserts, mais d’y faire surgir une source. « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein », dira-t-il ailleurs (Jn 7,38). L’oasis, c’est la rencontre avec le Christ qui étanche la soif la plus intime.

La grâce. Elle est exactement cela : un don immérité. Le peuple n’a rien fait pour mériter la manne. Nous n’avons rien fait pour mériter que le Fils de Dieu se donne en nourriture et en breuvage. La grâce, c’est Dieu qui vient à notre rencontre dans notre désert, qui transforme notre « qu’est-ce que c’est ? » en « c’est Toi ! ».

Elle n’invalide pas la question avec dédain : elle l’habite.

Aujourd’hui encore, le Christ nous dit : « Approchez. Goûtez. » Dans le sacrement de la Cène, il se fait nourriture et breuvage, oasis tangible au milieu de nos vies.

Que cet été, dans nos propres déserts, nous ayons le courage de reconnaître l’oasis. Que nous osions boire à la source de la grâce, gratuitement offerte. Reconnaissants plutôt que méfiants !

Et que, désaltérés, nous devenions à notre tour de petits points d’eau pour ceux qui ont soif autour de nous.

Pasteur Fabian Clavairoly

  • Culte à 10h30 ce dimanche pour le culte de fin d’année, nos remerciements à Fiete pour cette année de volontariat au Bouclier et le repas fraternel auquel vous êtes conviés.
  • Je partage avec vous la triste nouvelle du décès de Monsieur Michel Jenn, survenu à l’âge de 71 ans. Paroissien de longue date, aux côtés de son épouse Dominique, Michel a été un pilier du Bouclier notamment ces dernières années dans de nombreux aspects techniques et technologiques au moment où le Bouclier a fait le pari du saut vers le numérique. Nous pensons à Dominique, à leurs enfants et leurs petits-enfants.Le culte d’action de grâce aura lieu lundi 29 à 14h30 au Bouclier.

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Édito

Ordination de la pasteure Juliette Marchet

Le saviez-vous ?

Pour accéder au ministère pastoral dans notre Église (l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) il faut avoir compléter un cursus de cinq années de théologie protestante et trois années de formations professionnalisantes appelées vicariat. Durant ces trois dernières années, il faut à plusieurs reprises avoir rencontré la « Commission des ministères », un groupe de personnes qui suivent, discernent et agréent bénévolement les potentielles pasteures. Et enfin, une fois que cette commission a donné un avis positif, il faut que le Conseil restreint de l’Uepal décide d’accueillir les candidates comme ministre de l’Union d’Église.

Beaucoup de mots pour vous dire que cela fait huit années que je me prépare à devenir pasteure et que j’arrive enfin à la fin de ce parcours marqué par mon culte d’ordination ! Ce culte sera célébré collectivement avec mes collègues de promotion qui elles et eux aussi, ont suivi ce long parcours et occupent désormais leurs postes dans différentes paroisses d’Alsace et de Moselle.

Selon le texte de référence de la Communion d’Églises Protestantes en Europe, Ministère – Ordination – Episkopé, « l’ordination est l’action officielle effectuée au nom de Dieu par laquelle une Église reconnaît et confirme la vocation d’une personne et ses aptitudes à un ministère spécifique et mandate la personne ordonnée en vue de ce service. L’acte liturgique d’ordination se déroule au milieu de la communauté réunie pour son culte et comprend l’imposition des mains et la prière appelant la venue de l’Esprit Saint. Cet acte rappelle que tout ministre dépend de la force, de l’inspiration que Dieu lui accorde, ainsi que de la prière de la communauté demandant à Dieu de l’accompagner de son Esprit Saint dans le service qui l’attend. L’ordination ne créé cependant pas une distinction qualificative entre les personnes ordonnées et celles qui ne le sont pas au sein de tout le peuple de Dieu. »

Ainsi, en étant ordonnée le dimanche 18 octobre, je ne rentre pas dans un « ordre » de personnes qui seraient plus proches de Dieu. A mon sens, l’ordination est un événement qui n’aura lieu qu’une seule fois dans ma vie, où l’on demandera à Dieu, devant une assemblée, de me donner la force et la bénédiction de me mettre au service de l’Église et de ses membres. Car être pasteure, ce n’est pas seulement avoir un beau CV de huit années (ou plus !) de formation. C’est avant tout vivre une vocation : celle de faire confiance à Dieu et me lancer dans l’aventure folle de servir l’Église, en 2026, dans notre monde sécularisé, où être pasteure n’est pas particulièrement vu comme un métier « cool ».

Dans le monde réformé, on parle plutôt de « reconnaissance des ministères ». Mon côté luthérien m’a fait choisir le terme ordination car je crois que même si j’arrêtais un jour d’être pasteure, on ne pourrait pas m’enlever le fait que je l’ai un jour été. Un peu à la manière d’un baptême, je crois qu’il y aura un avant et un après l’imposition des mains et la bénédiction que je recevrai le 18 octobre. En devenant officiellement pasteure, je ne deviens pas meilleure que les autres, loin de là. Mais je crois que pasteure n’est pas un métier comme les autres, et c’est ce que j’aime.

Alors merci chère communauté du Bouclier de m’avoir accueilli et de m’avoir permis de continuer à aimer être pasteure ! Je sais que j’ai beaucoup de chance de pouvoir débuter mon ministère auprès de vous. Alors si c’est possible pour vous, j’aimerais vous demander de penser à moi le dimanche 18 octobre. Et si vous le pouvez, vous êtes bien entendu les bienvenu·es pour vivre ce culte en présence avec nous à Saverne.

Les informations pratiques : le culte aura lieu le dimanche 18 octobre 2026 à 15 heures à l’église protestante de Saverne (Place des Dragons). Le culte sera suivi d’un moment convivial à la salle Marie-Antoinette au château des Rohan.

Pasteure Juliette Marchet

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.