Dans l’ Évangile, un cas concret conduit souvent à reposer des questions de fond.
Ainsi, des gens soucieux et sérieux (des Pharisiens) posent à Jésus la question : est-il permis en couple de se séparer ? Jésus dans cet Évangile (Marc 10,2-12, le texte de ce dimanche 17 octobre) répond d’abord par une question (Jésus est juif !) : qu’est-il écrit dans la Loi, chez Moïse ? La Loi protège, accompagne, redonne une possibilité d’avenir à la personne fragile, la femme. Puis, en un second temps, Jésus questionne sur ce qu’est un couple en renvoyant aux textes de la Genèse « dans le fond », notamment la fameuse définition du couple : « quitter – s’attacher – devenir » (Genèse 2,24). Ce passage de Marc s’inscrit alors dans une compréhension où le couple est compris sans nécessité de reproduction ni de rattachement au clan du mâle, et où est posée la réciprocité entre homme et femme (la femme peut aussi se séparer de l’homme, au 1er siècle !). La monogamie semble établie.

Cette démarche en deux temps de Marc 10 est essentielle : lorsque se présente un cas concret, que dit la Loi ? Et quelles sont alors les questions de fond soulevées par ce cas particulier ?
Le « Séisme pour l’ Église catholique du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (CIASE) » (cf. ci-dessous l’article de Réforme du 7 octobre 2021) conduit d’abord à se tourner vers les victimes des délits et des crimes, chez lesquelles se situent les « séismes », dans leurs vies et celles des proches et des familles. Puis se posent des questions de fond comme le rapport à la Loi, lorsqu’un groupe social estime pouvoir se soustraire à la Loi commune. Christine Lazergues, membre de la commission et professeur émérite de droit écrit : « Trois dispositifs ont favorisé l’omerta sur le très grand nombre de mineurs abusés. Le droit canonique, la gouvernance pyramidale de l’Eglise, et surtout la figure sacralisée du prêtre qui lui confère un statut surplombant ».
Ce rapport de la CIASE ouvre ainsi bien des pistes valables pour d’autres institutions. Cette commission a mis au cœur de ses travaux la parole des victimes ; une façon de faire qui rappelle la manière de Jésus qui place la parole des plus petits au centre de son message.

Pasteur Pierre Magne de la Croix

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