« Les Églises protestantes et le nazisme »

Dans La demeure du silence publié en octobre 2020, le pasteur Gérard Janus enquête avec pudeur et courage sur le destin de sa propre famille. Originaire du village de Mackwiller en Alsace-Bossue, il met à jour l’histoire de son grand-père qui fut Ortsgruppenleiter (responsable local du parti nazi) puis cible de l’épuration, tentant à travers un exemple personnel de comprendre les secrets de son Église au passé trouble pendant la période nazie.

En mars 2022 paraissait Ces protestants alsaciens qui ont acclamé Hitler, un essai du pasteur Michel Weckel entre enquête et réflexions centré sur l’histoire d’une frange du luthéranisme alsacien compromise avec le nazisme. Si le style plus libre fait bondir certains, quantité d’Alsaciens attendaient depuis longtemps que le sujet soit enfin abordé, telle cette femme qui, à l’issu d’une rencontre à la Médiathèque protestante de Strasbourg, confiait : « Cela faisait 70 ans que j’attendais que cette histoire soit évoquée ».

Chacun à sa manière, ces deux pasteurs ont contribué à rendre possible un débat non seulement en levant un tabou, mais aussi en lançant au passage un défi aux universitaires protestants, les incitant ouvertement à s’emparer pleinement de ce sujet.

Organisé les 16 et 17 novembre 2023 sous l’égide du professeur émérite Marc Lienhard, le colloque « Le protestantisme et les pasteurs alsaciens-mosellans entre 1940 et 1945 », fut une réponse dont la qualité fut reconnue de manière unanime : accessibles en ligne sur la chaine Youtube de l’Uepal, 18 contributions ont traité du sujet, depuis les antécédents (l’entre-deux guerres et les mouvements autonomistes) et les mécanismes psycho-sociologiques (« comment devient-on nazi ? ») jusqu’à l’épuration de l’après-guerre.

Ouvrir les yeux sur le passé pour être plus lucide sur les enjeux d’aujourd’hui, c’est ce que nous vous invitons à faire en venant écouter Marc Lienhard jeudi prochain.

Pasteur Fabian Clavairoly

A noter :

  • Samedi 13 avril : culte randonnée, pour les tout-petits : nous nous retrouverons à 15h00 sur le parking du Auen Wildnispfad. Il y a une possibilité de co-voiturage. Si vous en avez besoin appelez le 06 28 05 59 48
  • Dimanche 14 avril : Culte à 10h30 avec la participation musicale d’Aimée Hege et d’Antoine Mézy, clarinettistes. Rencontre Dimanche en Fête : rdv à 10h00 place de l’Université si vous avez besoin d’une voiture (merci de vous annoncer). Si vous y allez directement rdv à 10h30 à Dorlisheim au bout de la rue de l’Altenberg après le pont de la voie rapide.
  • Jeudi 18 avril à 15h00 : Causerie du Jeudi, « Les Églises protestantes et le nazisme », par Marc Lienhard Professeur émérite d’Histoire, faculté de théologie protestante de Strasbourg
  • Mardi 23 avril de 18h00 à 20h00 : Soirée débat « Le pacte européen et ses enjeux » avec Fanny Petit, assistante parlementaire de Damien Carême et Dalia Frantz, responsable des questions européennes à la Cimade

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Édito

C’est quoi ton cantique préféré ?

S’il vous arrive de venir de temps en temps au culte un dimanche où je célèbre, vous aurez peut-être deviné que j’aime beaucoup chanter. C’est donc avec un grand plaisir que, depuis six mois maintenant, je suis au service de la très musicale paroisse du Bouclier. Une paroisse, où nous avons le privilège régulier de voir nos célébrations enrichies par des musiciennes et musiciens de talent et où l’on n’a pas peur de chanter « A toi la gloire » à tue-tête. Une paroisse aussi, où plusieurs chœurs répètent et cohabitent et où je reste encore époustouflée par le concert de l’Avent que je découvrais pour la première fois en fin d’année dernière.

Mais saviez-vous que la culture du chant se perd de plus en plus ? Depuis que je suis en vicariat, je constate avec tristesse que les assemblées dans lesquelles je suis amenée à célébrer baptêmes, mariages ou obsèques ne chantent plus ou beaucoup moins. D’abord évidemment, car avec moins de personnes pratiquantes, il y a aussi moins de personnes qui connaissent les cantiques. Mais aussi, parce que les personnes n’osent simplement plus chanter. C’est peut-être très français : comme pour les langues étrangères, on préfère ne pas se lancer par peur de faire des fautes ou alors on associe le chant au cours de musique à l’école et à l’angoisse de l’évaluation.

Or chanter est une activité essentielle à mes yeux. Chanter fait du bien et de nombreuses études scientifiques le montrent. Très égoïstement d’abord : le chant nous apprend à mieux gérer notre souffle et calme le stress et l’anxiété en faisant baisser notre taux de Cortisol et en augmentant celui de Dopamine. Mais il nous pousse aussi à faire l’effort de nous ouvrir aux autres lorsqu’il est collectif. Pratiquer le chant ensemble nourrit le sentiment d’appartenance à un groupe en partageant des vibrations sonores mais aussi des regards, des sourires, des grimaces … et bien sûr le plaisir de faire le « beau » ensemble. Enfin, à nous chrétiens et chrétiennes, le chant nous permet de nous connecter à quelque chose qui nous dépasse, à nous ancrer dans le sol pour créer une verticalité par notre voix seule. Chanter nous connecte à nos émotions et à notre corps qui sont des portes d’entrée de quelque chose du Divin. Augustin, puis Luther après lui, disait : « Bien chanter, c’est prier deux fois. » Et durant le culte, le chant est un des moyens efficaces et, je l’espère, joyeux de permettre à l’assemblée de participer.

J’ai eu la chance l’été passé d’être invitée à un baptême dans une paroisse protestante des Cévennes et je me suis retrouvée dans une salle paroissiale où d’un seul cœur et d’une seule voix, quarante personnes se sont mises à entonner « La cévenole ». C’était un moment très touchant (et un peu long sur la fin, il y a quand même cinq strophes). Et je découvre avec plaisir au Bouclier les « hits » paroissiaux qui sont chantés de génération en génération.

Mais évidemment, certains chants sont plus connus ou plus appréciés que d’autres et cette année j’ai donc proposé de nous lancer dans le rafraichissement de notre carnet de chants que nous utilisons particulièrement durant les camps du Bouclier. Avec une équipe de bénévoles, nous nous réunissons pour sélectionner les chants avec lesquels les jeunes de la paroisse grandiront dans les prochaines années. En parallèle de ce premier projet, nous souhaiterions aussi créer une « Playlist » de la paroisse à laquelle chacune et chacun pourrait accéder sur les sites de streaming musicaux dédiés (Spotify, Deezer, etc).

Et vous ? Quels sont vos cantiques préférés ? A quels chants pensez-vous lorsque vous pensez au Bouclier ?  Car j’en suis persuadée, la théologie d’un lieu de culte ne se transmet pas uniquement par de grands essais ou de belles prédications. Elle se transmet par le chant dès notre toute petite enfance et elle nous survit lors de notre culte d’obsèques. Alors, chantons maintenant ?

Pasteure vicaire Juliette Marchet

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.