Ne pas perdre de vue l’invisible

Vivre la foi par la musique et la musique par la foi semble avoir été le leitmotiv de Bach que l’on surnomme « le cinquième évangéliste », lui qui signait ses partitions SDG, pour Soli Deo Gloria.

Persuadé après Luther que « la foi nait de ce que l’on entend », qu’il s’agisse de la prédication ou de la musique, Bach s’investit corps et âme dans la composition de ses cantates. Rien n’indique d’ailleurs qu’il ait été obligé de composer une nouvelle cantate chaque dimanche, mais plutôt que de se répéter, son choix fut d’entreprendre librement un corpus nouveau qui marquera le genre de son emprunte.

Trois années liturgiques complètes sont parvenues jusqu’à nous soit 160 cantates composées entre 1723 et 1726, véritables laboratoires comme autant d’occasions de produire des chorals, des mouvements de concertos avec des parties solistes qui oscillent entre l’ancien et le nouveau, montrant que Bach maîtrise le style classique mais veut aussi innover.

La cantate BWV 6 qu’il nous sera donné d’écouter dimanche « Bleib bei uns, denn es will Abend werden », était initialement prévue pour le lundi de Pâques 1725, et reprend comme il convient le texte du jour, d’ailleurs encore en vigueur de nos jours selon notre lectionnaire : l’histoire des pèlerins d’Emmaüs qui rencontrent le Christ sans le reconnaitre (Luc 24, 13-35).

Si le livret, d’auteur inconnu, donne dans un moralisme typique de l’époque, l’œuvre musicale fait pour sa part honneur à la densité narrative du récit évangélique qui nous dit combien la foi est un parcours : le fruit d’un processus propre à chacun fait de clairs-obscurs, de jeux d’ombres et de reconnaissance progressive, notamment quand elle est confrontée à l’épreuve du deuil.

Le chœur du Bouclier accompagné par l’ensemble instrumental et les solistes Nicole Braun, Élise Duclos, Alexis Brison et Lionel Sadoun, dirigés par Christian Seckler avec Antonino Buschiazzo à l’orgue nous permettront de vivre pleinement ce que l’Évangéliste Luc nous propose : ne pas perdre de vue l’invisible.

Fraternellement,

Pasteur Fabian Clavairoly

 

A noter

  • Samedi 08 juin toute la journée à l’église Saint-Paul, synode électif de l’Église protestante réformée d’Alsace Lorraine
  • Dimanche 09 juin à 10h30 : Culte cantate avec le chœur du Bouclier
  • Mardi 11 juin à 20h00 : sortie cinéma
  • Samedi 15 juin à 16h30 : Culte des tout-petits
  • Vendredi 21 juin à partir de 18h00 : Fête de la Musique dans la cour du Bouclier
  • Du 28 juin au 1er juillet : Randonnées à La Bresse (Inscriptions possibles dès maintenant )

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Édito

Connaissez-vous … Jerôme Mondésert ?

  • Qui est Jerôme Mondésert

Issu d’une famille nombreuse où tout le monde fait de la musique, c’est lors de sa scolarité à Lille que Jérôme Mondésert débute la musique au Conservatoire de cette ville. C’est en Alsace, dont est originaire sa mère (Colmar), qu’il découvre l’orgue. Après son baccalauréat, il hésite entre les Beaux-Arts et le Conservatoire. Il opte finalement pour ce dernier avec des études d’orgue et de clavecin. Il y rencontre un excellent professeur d’orgue, Jean Boyer, qui le marque au niveau musical. Il choisit alors de se lancer professionnellement dans la musique.

Il étudie ensuite à Strasbourg avec André Stricker puis en Allemagne du Nord, à Brême, à l’Akademie für alte Musik(académie de musique ancienne) car il s’intéresse au répertoire baroque. Il entre en contact avec les instruments de musique historiques de frise orientale (Ostfrisen) et approfondit sa connaissance du clavecin qu’il avait commencé quelques années auparavant. Il poursuit ensuite au Conservatoire National Supérieur de musique et de Danse de Lyon ou il continue à travailler le clavecin et la musique ancienne.

Il est aujourd’hui musicien professionnel et professeur à Nancy comme enseignant de clavecin et pilote la coordination du département de musique ancienne du Conservatoire à Rayonnement Régional de Nancy.

  • Quand et comment êtes-vous arrivé dans la paroisse du Bouclier ?

Je me suis installé à Strasbourg en 1997 et j’ai d’abord été nommé organiste à Sainte-Aurélie. Je suis d’ailleurs membre fondateur de l’association « Orgue à Sainte Aurélie » (OSA) dont l’objectif est de développer le rayonnement musical et culturel autour de l’orgue Andreas Silbermann de 1718 aux moyens de manifestations culturelles comme des concerts, des expositions, des rencontres… La restauration a été terminée en 2015.

Je suis arrivé au Bouclier en 2010 à la suite d’un concours entre plusieurs organistes où nous avons été amenés à jouer de manière anonyme derrière un paravent. J’ai été sélectionné grâce à ce concours.

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie d’y rester ?

Je me sens bien au Bouclier, c’est une paroisse dynamique et la musique a toujours une belle place, que ce soit au niveau des cultes, de l’environnement ou le cercles de jeunes musiciens. 

  • Selon vous, qu’est-ce qui fait la particularité des cultes au Bouclier par rapport aux autres paroisses que vous connaissez ?

Au Bouclier, la musique a son importance. Par exemple, j’ai déjà collaboré avec des pasteurs qui demandent de jouer tel ou tel prélude de Bach. Au niveau des cantiques, j’apprécie la coexistence entre le corpus de psaumes ou d’autres chants anciens et des cantiques plus actuels.

  • Quel est le cantique que vous préférez ?

J’aime beaucoup le psaume 72 : « Revêts, Seigneur de ta justice ». c’est une mélodie simple vraiment adaptée pour le chant d’assemblée.

  • Comment envisagez-vous votre rôle de chantre dans l’assemblée justement ?

J’apprécie beaucoup le travail de l’accompagnement avec l’assemblée. Les années passent mais on trouve toujours des manières de s’améliorer. En tant qu’organiste, on est à l’écoute de l’assemblée, on est moteur mais on doit aussi s’adapter. Mais c’est réciproque, l’assemblée est aussi sensible à l’accompagnement. Je trouve que c’est un travail passionnant. Jouer de l’orgue c’est un rôle important d’accompagnement : soutenir, être attentif, faire en sorte que ça marche.

Propos recueillis par Juliette Marchet.

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.