Une Église en relations ! Semaine du 21 mars 2021

La foi chrétienne s’est dès le début de son histoire trouvé confrontée à la diversité religieuse. Entre arrogance et effacement, entre prosélytisme triomphant et embarras selon les époques, elle cherche sa place en affirmant son projet pour le monde, parfois de manière lumineuse, parfois maladroite, mais le plus souvent en décalage par rapport aux valeurs contemporaines.
Quelle est la donc la bonne distance face aux autres religions, mais aussi face à l’athéisme croissant de notre société ? A nous qui confessons que Jésus Christ est le chemin et la vérité et la vie ?

Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 février, le projet de loi sur le séparatisme a été l’occasion d’erreurs grossières sur les religions lors des débats et mis en lumière l’état de la culture religieuse de nos responsables politiques.
Et nous ne pouvons que constater combien progressivement, le sujet religieux est ainsi devenu l’apanage des seuls croyants : combien il s’est finalement « confessionnalisé », contribuant encore à le rendre marginal.
Notre époque est ainsi fortement marquée par la différence entre la caractère universel du message du Christ et la privatisation du fait religieux : sa personnalisation.
Plus qu’un athéisme militant parfois observé, plus qu’une pluralité religieuse constatée d’un point de vue sociologique, c’est largement d’une indifférence religieuse dont il s’agit ici, illustrant l’ampleur du défi que le christianisme doit relever, mais aussi de notre attitude personnelle et collective face à l’altérité à laquelle nous sommes confrontés : une altérité souvent peu curieuse qui semble se complaire dans l’illusion que le monde entier serait concerné par ce désintérêt du religieux, ce qui est une erreur.
Car si les élus politiques sont le reflet d’une société sécularisée, si l’inculture religieuse est d’abord celle de la société, il n’en est pas de même dans tous les pays, loin de là.
Il me semble que l’Église doit assumer un rôle de messager paisible vis à vis du gouvernement, vis à vis de la société, vis à vis du monde, pour expliciter l’objet de la foi et ses enjeux : refuser de se replier sur elle-même, comme le souhaiteraient ceux qui défendent une vision faussée de la laïcité, faisant de la religion le domaine exclusif de l’intime, hors du champ du débat public.

D’un engagement qui concerne l’être humain de manière à la fois intime et absolue, l’Église, et par là même chaque croyant, c’est à dire chacun de nous doit concilier vérité ultime et nécessité du dialogue. En faisant le premier pas. En entrant en relation.
Car au fond, il n’y a pas de validité universelle sans relation vivante, qui se nourrit de la vie communautaire mais surtout comme nous l’enseigne le Christ, de la rencontre avec celui en qui – malgré tout ce qui me sépare de lui-, je suis appelé à reconnaitre mon frère ou ma sœur.

Pasteur Fabian Clavairoly

Les rendez-vous de la semaine

  • Samedi 20 mars : balade de paroisse, le tour du Haut-Koenigsbourg.
    Départ 09h30, place de l’Université, ou bien 10h15 au parking de Saint-Hippolyte (route du Haut-Koenigsbourg, 500 mètres après la sortie du village).
    Apporter : pique-nique, vêtements adaptés à la météo.
  • Dimanche 21 mars à 09h00, catéchisme d’adultes : « Identité » ? protestante. Avec Fritz Lienhard à partir de son livre l’Avenir des Églises protestantes. Sur www.envideo.lebouclier.fr
  • Dimanche 21 février à 10h30 : culte dominical
  • Dimanche 21 mars à 15h00 : culte musical « en présence » avec les jeunes musiciens de la paroisse ! La valeur n’attend pas le nombre des années : qu’ils soient très jeunes ou plus expérimentés, ils offrent un programme musical de grande qualité et varié, du violon au cor, de Haendel à Kabalevski. Venez nombreux !
  • Jeudi 25 mars à 14h30, étude biblique : Évangile de Jean 18,28 à 19,42 : Jésus face à Pilate, condamnation, crucifixion, la mère et le bien aimé… arriverons-nous à tout faire ? « En présence » au Bouclier et sur www.envideo.lebouclier.fr

– Enfin à l’occasion des cultes dominicaux de cet été nous vous proposons un
Sondage
Votre avis est important ! Afin de répondre à vos attentes, le conseil presbytéral vous invite à vous prononcer sur l’horaire de ces cultes de juillet – août. Vous trouverez en suivant ce lien un sondage d’une seule question :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeJS6Iy8orj8wBQ-PKw3z1NRTT-MhYgfU0bOUeWbvi85D851g/viewform?usp=sf_link

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Édito

Épiphanie : quand la légende fait oublier la révélation

L’Épiphanie est aujourd’hui, pour beaucoup, une fête aimable et inoffensive. Une galette partagée, une fève, trois rois exotiques… Une fête folklorique, presque décorative, qui a glissé du cœur de la confession chrétienne vers l’imaginaire populaire. On en a conservé les images, tout en les vidant de leur portée théologique.

Cette transformation ne doit rien au hasard. Elle est largement héritée de l’immense succès de la Légende dorée de Jacques de Voragine, au XIIIᵉ siècle. Cet ouvrage d’un religieux dominicain italien conçu pour l’édification des fidèles a profondément marqué la piété médiévale et l’imaginaire chrétien occidental. Son titre est à lui seul révélateur : Legenda ne signifie pas à l’origine « ce qui est faux », mais « ce qui mérite d’être lu ». Or, au fil du temps, le mot a changé de sens. La légende n’est plus ce qui éclaire et transmet, mais ce qui enjolive et finit par détourner de la vérité du texte. En commençant votre récit par les mots : « je vais vous raconter une légende », vous hypothéquez grandement les chances d’être véritablement pris au sérieux.

Avec la Légende dorée, les mages de l’Évangile deviennent donc des rois, reçoivent des noms devenus célèbres, des âges, des continents, une histoire complète, presque des biographies. Le récit biblique volontairement sobre et dérangeant, se trouve enrichi, complété, recouvert d’un glacis narratif au point que ce qui relevait de la révélation devient épopée. Et en passant du mystère à la fresque, ce qui interpellait devient rassurant.

Or l’Évangile selon Matthieu ne raconte rien d’un conte aimable. Il met en scène des étrangers venus d’Orient qui lisent les signes du ciel mieux que les autorités religieuses de Jérusalem. Des hommes qui se trompent de chemin et croisent le pouvoir violent d’Hérode, avant de trouver l’enfant en quittant les palais pour une maison ordinaire, à la lumière d’une prophétie ancienne. La révélation n’a rien de spectaculaire : elle est discrète, fragile, et profondément décentrante.

Cette légendarisation n’est d’ailleurs pas restée sans conséquences concrètes dans la manière de vivre la foi en Occident. La question des reliques en est l’un des signes les plus visibles. Selon la tradition relayée par la Légende dorée, les corps des rois mages auraient été découverts en Orient, transférés à Constantinople, puis à Milan, avant d’être solennellement déposés à Cologne au XIIᵉ siècle. La présence de ces reliques transforme alors la ville en haut lieu de pèlerinage. Dès le Moyen Âge, Cologne devient, après Rome, la ville la plus visitée de la chrétienté occidentale. La légende façonne ainsi la géographie spirituelle de l’Europe, mêlant foi, pouvoir, économie du pèlerinage et donc prestige ecclésial.

Mais ce déplacement est aussi révélateur d’un glissement plus profond. Ce qui devait conduire à la rencontre du Christ vivant s’est parfois alors  fixé dans la vénération d’ossements supposés, dans la sacralisation de lieux et d’objets, dans l’illusion qu’on puisse approcher Dieu par le détour de ce qui se voit, se touche et se conserve.

L’Évangile de l’Épiphanie ne connaît pourtant ni tombe à honorer, ni reliques à préserver, ni sanctuaire à parcourir. Il raconte une rencontre brève et décisive, puis un départ. Les mages ne deviennent pas les gardiens d’un lieu sacré : ils repartent, intérieurement déplacés, par un autre chemin. La révélation ne s’installe pas. Elle met en route.

C’est pourquoi l’Épiphanie rappelle avec force que la foi chrétienne ne repose pas sur des médiations accumulées, mais sur l’écoute confiante de la Parole. Là où la légende a parfois figé la foi dans des formes rassurantes, l’Évangile, lui, dérange, décentre et libère.

L’Église ne vit pas de reliques, mais de la Parole annoncée ; non de ce qui se conserve, mais de ce qui se proclame et appelle à la foi.

Pasteur Fabian Clavairoly


 

Brèves du Conseil presbytéral de janvier :

Le Conseil presbytéral vous présente un résumé de sa rencontre mensuelle sous formes de brèves : Fabian Clavairoly entame notre réunion par un quizz théologique sur l’Épiphanie autour d’une galette des rois ; Appartements rue Fischart : acquéreurs potentiels identifiés ; Finances paroissiales : dons réguliers et dons exceptionnels au-delà de nos prévisions, mais risque de problèmes de trésorerie à court terme avant la vente des appartements ; Weekend de travail du CP envisagé au Climont en mars ; Camp Awesome prévu du 15 au 24 juillet avec Juliette Marchet (validation BAFD) et Marie-Claire Gaudelet ; Réflexion à lancer sur les futurs remplacements au CP et départs en retraite

Tous les membres du CP se tiennent à votre disposition pour échanger davantage, n’hésitez pas à les contacter !

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.