La foi chrétienne s’est dès le début de son histoire trouvé confrontée à la diversité religieuse. Entre arrogance et effacement, entre prosélytisme triomphant et embarras selon les époques, elle cherche sa place en affirmant son projet pour le monde, parfois de manière lumineuse, parfois maladroite, mais le plus souvent en décalage par rapport aux valeurs contemporaines.
Quelle est la donc la bonne distance face aux autres religions, mais aussi face à l’athéisme croissant de notre société ? A nous qui confessons que Jésus Christ est le chemin et la vérité et la vie ?

Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 février, le projet de loi sur le séparatisme a été l’occasion d’erreurs grossières sur les religions lors des débats et mis en lumière l’état de la culture religieuse de nos responsables politiques.
Et nous ne pouvons que constater combien progressivement, le sujet religieux est ainsi devenu l’apanage des seuls croyants : combien il s’est finalement « confessionnalisé », contribuant encore à le rendre marginal.
Notre époque est ainsi fortement marquée par la différence entre la caractère universel du message du Christ et la privatisation du fait religieux : sa personnalisation.
Plus qu’un athéisme militant parfois observé, plus qu’une pluralité religieuse constatée d’un point de vue sociologique, c’est largement d’une indifférence religieuse dont il s’agit ici, illustrant l’ampleur du défi que le christianisme doit relever, mais aussi de notre attitude personnelle et collective face à l’altérité à laquelle nous sommes confrontés : une altérité souvent peu curieuse qui semble se complaire dans l’illusion que le monde entier serait concerné par ce désintérêt du religieux, ce qui est une erreur.
Car si les élus politiques sont le reflet d’une société sécularisée, si l’inculture religieuse est d’abord celle de la société, il n’en est pas de même dans tous les pays, loin de là.
Il me semble que l’Église doit assumer un rôle de messager paisible vis à vis du gouvernement, vis à vis de la société, vis à vis du monde, pour expliciter l’objet de la foi et ses enjeux : refuser de se replier sur elle-même, comme le souhaiteraient ceux qui défendent une vision faussée de la laïcité, faisant de la religion le domaine exclusif de l’intime, hors du champ du débat public.

D’un engagement qui concerne l’être humain de manière à la fois intime et absolue, l’Église, et par là même chaque croyant, c’est à dire chacun de nous doit concilier vérité ultime et nécessité du dialogue. En faisant le premier pas. En entrant en relation.
Car au fond, il n’y a pas de validité universelle sans relation vivante, qui se nourrit de la vie communautaire mais surtout comme nous l’enseigne le Christ, de la rencontre avec celui en qui – malgré tout ce qui me sépare de lui-, je suis appelé à reconnaitre mon frère ou ma sœur.

Pasteur Fabian Clavairoly

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