Être baptisé, une triple mission.

Dimanche, nous vivrons les baptêmes de Ferdinand et de Joséphine. Un temps d’Église heureux qui nous renvoie à notre propre baptême. Dès lors, la triple mission du Christ qui selon les Écritures est à la fois prêtre, prophète et roi incombe à ceux qui sont baptisés dans le Christ. Ils forment le Peuple de Dieu et à leur manière, ils participent à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ.

Chacun de nous, selon sa condition et ses charismes, est appelé́ à exercer la mission que Dieu a confiée à l’Église pour qu’il l’accomplisse dans le monde.

– Premièrement, le chrétien est donc avec le baptême revêtu de la dignité de prêtre : qu’est-ce qu’être prêtre selon le Christ ?

Notre mission consiste à travailler à l’Alliance entre Dieu et les hommes et rendre vivante cette communion. Il s’agit de rendre à Dieu l’hommage qui lui est dû de manière gratuite et de le remercier pour ses dons. C’est un mouvement ascendant qui s’accomplit librement à la fois dans le culte communautaire et dans la prière personnelle.

– Deuxièmement, le chrétien est revêtu de la dignité de prophète : qu’est-ce qu’être prophète selon le Christ ?

C’est celui qui parle au Nom de Dieu. C’est un mouvement descendant : si le prêtre fait monter l’adoration et la prière vers Dieu, le prophète quant à lui reçoit d’en haut la Parole de Dieu pour la porter aux hommes.

Donc, baptisé, j’ai pour mission de porter la Bonne Nouvelle à ceux qui m’entourent et de dénoncer ce qui s’oppose à cette Bonne Nouvelle : oser une parole à temps et à contre temps.

L’apôtre Pierre dit de manière très belle (1 Pierre, 3, 15) : « Soyez toujours prêt à rendre compte de l’espérance qui est en vous. »

A vous de trouver à quel moment de votre vie et dans quelle mesure vous vous sentez appelés à vivre cette dimension du baptême.

– Troisièmement, le chrétien est revêtu de la dignité de roi : qu’est-ce qu’être roi selon le Christ ?

C’est être au service de ses frères. La royauté́ du Christ est attestée sur la croix. C’est une mission qui passe par le souci des plus humbles : une mission d’abaissement où l’on est appelé́ à se dessaisir de soi-même avec humilité.

Nous sommes ainsi appelés à exercer une royauté de service, à la manière dont Jésus lave les pieds de ses disciples. Je suis persuadé de l’importance d’une théologie qui puisse s’expliquer dans des termes facilement compréhensibles, et qui puisse se traduire en actes car être disciple de Jésus concerne la vie que nous menons plutôt que les dogmes que nous affirmons.

Pasteur Fabian Clavairoly

A noter :

Jeudi 15 mai à 15h00 : Causerie du jeudi « Contentieux de la responsabilité climatique, où en est-on ? » par Francis Mallol, président de tribunal administratif

Le dérèglement climatique annonce-t-il la fin prévisible de la civilisation et de toutes les civilisations ?

Peut-on encore lutter contre les conséquences délétères du réchauffement climatique ?
Les citoyens de leur côté prennent de plus en plus conscience des enjeux écologiques dans les cinq continents, et utilisent notamment la voie juridique pour faire avancer la réflexion et progresser l’action salvatrice. La Cour européenne des droits de l’Homme – dont le siège est à Strasbourg  – joue un rôle majeur dans ce mouvement innovant. Malgré le désengagement américain, nombre d’experts et d’observateurs soulignent les progrès accomplis et les raisons d’espérer.

 

 

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Édito

Déjeuner en paix

Ce mercredi nommé Mercredi des Cendres marque le commencement du Carême, ce temps liturgique au cours duquel nombre de protestants sont rattrapés par leur culture catholique et se demandent tout à coup ce qu’ils pourraient bien faire pendant ces quarante jours, alors que les catholiques, sous l’influence protestante, s’interrogent sur ce qui est vraiment légitime et ce qui l’est moins (surtout depuis la constitution apostolique Paenitemini qui a considérablement assoupli les obligations strictes, laissant une marge de manœuvre aux fidèles).

Pour de multiples raisons dont certaines sont un sujet de vigilance pour la Miviludes, le jeûne a le vent en poupe : en mars 2022, un sondage Ipsos révélait que près de 27 % des Français jeûnent régulièrement malgré le manque de consensus sur les bienfaits réels de cette pratique. Mais indépendamment de l’aspect physiologique, quel regard théologique porter sur un jeûne religieux ?

Le réformateur Jean Calvin a largement traité cette question dans l’Institution de la religion chrétienne, reprenant patiemment les sources bibliques dont nous disposons, selon le principe de la Réforme sola scriptura, afin d’identifier à la fois les superstitions et les malentendus entérinés par une tradition longtemps complaisante vis-à-vis de pratiques discutables.

Dans une relecture synoptique étonnamment moderne des ministères de Moïse et de Jésus – révélant au passage l’un des projets du rédacteur de l’Évangile selon Matthieu -, Calvin écrit : « Car comme Moïse avait miraculeusement jeûné quarante jours et quarante nuits, (…) c’était bien raison qu’il y eût un même miracle fait en Jésus-Christ pour qu’il ne semblât point que l’Évangile fût moindre que la Loi ».

C’était donc ça ! En mettant par écrit la vie et l’enseignement du Christ, il  convenait pour l’évangéliste de présenter Jésus comme le « nouveau Moïse » afin d’asseoir sa légitimité aux yeux de certains, et construire en l’occurence un récit qui puisse être perçu comme le symétrique exact, en miroir, du récit de l’Exode dans le Premier Testament.

Et Calvin enfonce le clou en ajoutant, lapidaire : « Or il est certain que Jésus-Christ n’a point jeûné pour donner exemple aux autres, afin qu’on le suivit (…) car Jésus-Christ n’a point jeûné plusieurs fois, comme il fallait qu’il le fît s’il eût voulu constituer une loi de jeûne annuel, mais une fois seulement » (IRC, livre IV, chap. XII, p. 233). Le thème « une fois pour toutes » est d’ailleurs un motif central chez Calvin, en particulier au sujet de la sanctification et de la rédemption qui nous sont acquises définitivement.

Quant au Carême et aux pratiques qui le caractérisent, dans la lignée des prophètes, comme Joël qu’il cite à plusieurs reprises, le jeûne en théologie réformée devrait être avant tout« affection intérieure du cœur ». Un programme dont chacun conviendra qu’il est autrement plus ambitieux que quelques privations culinaires, fussent-elle cruelles.

Ainsi suis-je heureux d’apprendre que l’Église allemande invite ses fidèles avec un slogan dont elle a le secret : « Avec sensibilité ! Sept semaines sans dureté », ou encore de lire ces quelques lignes sous la plume du Pape Léon XIV qui préconise avec sagesse : « Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse. »

En écho à la fois à ces programmes et à la conclusion de la prédication donnée dimanche dernier, les paroles que Jésus adresse à des pharisiens exaspérés nous reviennent alors à l’esprit : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche d’une personne qui la rend impure. Mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui la rend impure » (Mt 15, 11).

Pasteur Fabian Clavairoly

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.