Église, paroisse ou consistoire : de l’intérêt collectif plutôt que particulier

En protestantisme l’Église n’est pas d’abord institution ou bâtiment : elle est d’abord un événement. Elle naît quand la parole de Dieu est « purement prêchée et écoutée » et que les sacrements sont « droitement administrés ».
Cet événement peut se produire n’importe où, n’importe quand, et peut prendre des formes très diverses de traditions, d’art, d’innovations, d’expérimentations, de réformes.
Pour inscrire cet événement dans un temps et une géographie, et pour le vivre dans notre réalité humaine, pour permettre la solidarité et mettre le souci du collectif avant les intérêts personnels, le soin de la communauté et pas seulement celui de l’individu, des institutions ont été mises sur pied : elles fonctionnent aussi bien que possible.
Ainsi ce samedi 12 mars se tiendra notre « consistoire de Strasbourg » qui regroupe 9 paroisses réformées sur le Bas-Rhin (et un bout du Haut-Rhin) et qui cultive non seulement la solidarité et la formation spirituelle mais assure notre existence légale en société.
Et ce dimanche 13 mars matin, au Bouclier après un moment de culte, nous aurons notre assemblée de paroisse : un temps de présentations et d’échanges sur ce que nous avons vécu en 2021 et sur les perspectives pour 2022. Bienvenue à chacune et à chacun.
Bien au-delà de paroisse et consistoire, nous sommes liés en solidarité avec les Églises d’Alsace-Moselle, et plus largement de France, d’Europe et du monde.
En ce moment, c’est bien sûr la solidarité avec l’Europe de l’Est et plus particulièrement l’Ukraine qui nous mobilise, que ce soit par l’Uepal : https://www.uepal.fr/aide-a-lukraine/
ou par la Fédération protestante de France : https://www.protestants.org/articles/92860-guerre-en-ukraine-le-protestantisme-se-mobilise-et-appelle-a-la-solidarite
Pasteurs Fabian Clavairoly et Pierre Magne de la Croix

Les rendez-vous de la semaine

Samedi 12 mars, 16h30 : culte des tout petits  « Le petit Joseph, un grand rêveur ».

Dimanche 13 mars :
10h30 culte au Bouclier et sur www.envideo.lebouclier.fr avec Dimanche En Fête.
à partir de 11h00 : assemblée de paroisse, retour sur 2021, perspectives 2022
16h30 : concert Portraits croisés : Clara et Robert Schumann, Fanny et Félix Mendelssohn. Noémie Berz, piano, pianoforte. Kevin Bourdat, violoncelle.

Jeudi 17 mars 15h00, Causeries avez Grzegorz Kujawa, vicaire :    « La contribution du réformateur polonais Jan Łaski (Jean a Lasco) à l’identité de l’Église réformée ».

Dimanche 20 mars à 19h00, partage biblique :  « Messianisme et apocalypse dans la littérature : une certaine idée de l’urgence transposée dans l’Histoire du XXème siècle ». Contact : Fabian Clavairoly.

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Édito

Déjeuner en paix

Ce mercredi nommé Mercredi des Cendres marque le commencement du Carême, ce temps liturgique au cours duquel nombre de protestants sont rattrapés par leur culture catholique et se demandent tout à coup ce qu’ils pourraient bien faire pendant ces quarante jours, alors que les catholiques, sous l’influence protestante, s’interrogent sur ce qui est vraiment légitime et ce qui l’est moins (surtout depuis la constitution apostolique Paenitemini qui a considérablement assoupli les obligations strictes, laissant une marge de manœuvre aux fidèles).

Pour de multiples raisons dont certaines sont un sujet de vigilance pour la Miviludes, le jeûne a le vent en poupe : en mars 2022, un sondage Ipsos révélait que près de 27 % des Français jeûnent régulièrement malgré le manque de consensus sur les bienfaits réels de cette pratique. Mais indépendamment de l’aspect physiologique, quel regard théologique porter sur un jeûne religieux ?

Le réformateur Jean Calvin a largement traité cette question dans l’Institution de la religion chrétienne, reprenant patiemment les sources bibliques dont nous disposons, selon le principe de la Réforme sola scriptura, afin d’identifier à la fois les superstitions et les malentendus entérinés par une tradition longtemps complaisante vis-à-vis de pratiques discutables.

Dans une relecture synoptique étonnamment moderne des ministères de Moïse et de Jésus – révélant au passage l’un des projets du rédacteur de l’Évangile selon Matthieu -, Calvin écrit : « Car comme Moïse avait miraculeusement jeûné quarante jours et quarante nuits, (…) c’était bien raison qu’il y eût un même miracle fait en Jésus-Christ pour qu’il ne semblât point que l’Évangile fût moindre que la Loi ».

C’était donc ça ! En mettant par écrit la vie et l’enseignement du Christ, il  convenait pour l’évangéliste de présenter Jésus comme le « nouveau Moïse » afin d’asseoir sa légitimité aux yeux de certains, et construire en l’occurence un récit qui puisse être perçu comme le symétrique exact, en miroir, du récit de l’Exode dans le Premier Testament.

Et Calvin enfonce le clou en ajoutant, lapidaire : « Or il est certain que Jésus-Christ n’a point jeûné pour donner exemple aux autres, afin qu’on le suivit (…) car Jésus-Christ n’a point jeûné plusieurs fois, comme il fallait qu’il le fît s’il eût voulu constituer une loi de jeûne annuel, mais une fois seulement » (IRC, livre IV, chap. XII, p. 233). Le thème « une fois pour toutes » est d’ailleurs un motif central chez Calvin, en particulier au sujet de la sanctification et de la rédemption qui nous sont acquises définitivement.

Quant au Carême et aux pratiques qui le caractérisent, dans la lignée des prophètes, comme Joël qu’il cite à plusieurs reprises, le jeûne en théologie réformée devrait être avant tout« affection intérieure du cœur ». Un programme dont chacun conviendra qu’il est autrement plus ambitieux que quelques privations culinaires, fussent-elle cruelles.

Ainsi suis-je heureux d’apprendre que l’Église allemande invite ses fidèles avec un slogan dont elle a le secret : « Avec sensibilité ! Sept semaines sans dureté », ou encore de lire ces quelques lignes sous la plume du Pape Léon XIV qui préconise avec sagesse : « Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse. »

En écho à la fois à ces programmes et à la conclusion de la prédication donnée dimanche dernier, les paroles que Jésus adresse à des pharisiens exaspérés nous reviennent alors à l’esprit : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche d’une personne qui la rend impure. Mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui la rend impure » (Mt 15, 11).

Pasteur Fabian Clavairoly

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.