Inutile, gaspillage, à quoi ça sert ? Ce sont les premières réactions de catéchumènes à la vue de l’Arc-de-Triomphe ainsi revêtu ! Cet empaquetage questionne, dérange et c’est fait pour cela. Pourtant, une œuvre d’art devrait rester, demeurer, s’installer, surtout si elle coûte ; on a alors à faire à un monument. Mais ici, les deux artistes, Jeanne-Claude et Christo créent de l’éphémère : « nos œuvres sont régénérantes et elles s’effacent rapidement ». Ils créent de « gentils dérangements » qui en rompant l’ordre du quotidien nous invitent à voir les choses autrement, à redécouvrir ce qui n’est plus regardé à force d’être vu, connu, reconnu. Une telle œuvre emballée n’est visible qu’une fois dans une vie, mais reste gravée dans la mémoire et va marquer dans la vie. « Rien ne dure éternellement et c’est toute la beauté de la vie ». Après un moment, les catéchumènes disent : cadeau, innovation, original, créativité. Un cadeau, car sous le tissu – dedans – il y a quelque chose d’important à redécouvrir. L’objet du cadeau fait autant plaisir, marque autant que le geste et l’emballage qui donnent déjà le sens, l’enchantement de donner et de recevoir.
capture_d_e_cran_2021-09-24_a_12.49.07.pngC’est ce qui arrive à Jésus (Marc 14,3-9) lorsqu’une femme lui verse un parfum « de très grand prix » alors qu’on aurait pu faire tant de choses utiles avec cet argent. Et pourtant son geste va rester et on en parle. Dans un moment dramatique – Jésus va être arrêté – cet emballage de parfum conteste ce monde en ouvrant une parenthèse de respiration, de beauté, de gaieté, de joie quasi enfantine. Au cœur de ce temps dramatique, où l’homme va vivre le temps le plus douloureux, la femme apporte un geste, une parole qui est comme une contestation de ce monde. Elle n’efface pas le drame du monde et de la vie mais elle suspend le temps, elle permet une respiration, offre de la beauté, elle suspend les règles du monde pour offrir quelque chose d’autre. La dramatique du monde n’est pas niée, ni même transformée, elle est comme mise entre parenthèse pour un temps!
Car la femme croit, je le pense, que ce monde n’aura pas le dernier mot. Il faut un geste pour dire, pour contester la laideur de ce qui va arriver : l’arrestation et l’exécution, et pour proclamer une autre espérance, une beauté de la vie.
C’est ce que fera le récit du tombeau vide qui est d’abord est une contestation de ce monde : l’homme que vous rejetez, que vous excluez, que vous humiliez, celui que vous considérez comme moins que rien, que vous crucifiez, celui-là, dit Dieu, je le replace au cœur de vos vies. On ne soulignera jamais assez comment le message du tombeau vide, le matin de Pâques, est un message de contestation de ce que les hommes ont fait au plus petit, et en même temps une validation de tout ce que Jé »sus a dit a dit et vécu. On se souviendra de cette femme et de son geste qui anticipe. Car il y a des gestes, il y a des poésies, il y a des paroles, il y a des emballements qui dépassent son auteur et deviennent beauté, geste, Parole, contestation, espérance pour d’autres, pour nous
Pasteur Pierre Magne de la Croix

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