« Le Dieu d’Israël est un Dieu des montagnes » (1 Rois 20,23)

Le mont Moriah, le mont Ararat, le mont Tabor ou le mont Sinaï nous sont si familiers parce qu’ils sont des lieux de révélation de la présence de Dieu et que leurs noms sont dans nos imaginaires reliés à des histoires et des personnages bibliques.

Le Cantique des Cantiques évoque quant à lui d’autres montagnes moins connues, situées au nord de la Palestine : « Tu dévaleras du sommet de l’Amana, du sommet du Senir et de l’Hermon. » Si vous ne les connaissez pas, c’est que vous ne l’avez pas lu depuis longtemps !

C’est que de manière imagée facilement compréhensible, la montagne sert de lien entre la Terre et le Ciel afin que l’homme et Dieu s’y rencontrent, comme c’est le cas pour Moïse dans le livre de l’Exode : « Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse » (Exode 34).

Glacier de Saas Fee

(photo prise l’année dernière)

Matthieu ne s’y trompe pas en insistant sur le fait que Jésus prononce son enseignement « sur la Montagne », mettant ainsi un point d’honneur à en faire le nouveau Moïse. Et nous, où allons-nous à la rencontre de Dieu ? « Partout » me direz-vous, et vous aurez raison. Car le Christ est justement celui qui s’abaissant, descend vers chacune et chacun de nous pour nous rejoindre dans nos existences sans que nous ayons besoin de nous hisser jusqu’à lui.

Mais vivre un camp de jeunes à la montagne a du sens en ce qu’il contribue à faire prendre de la hauteur à des adolescents par rapport à leur quotidien, à leurs parents, à leurs professeurs, et à leur téléphone portable. À s’élever physiquement en espérant que cela aura un impact sur leur mental en admirant les merveilles de la Création alors placées sous leurs yeux.

C’est vivre la beauté du monde « en direct », sans que les médias que sont nos écrans ne s’interposent et interprètent à notre place. Et c’est alors pouvoir dire « merci » pour ces instants si rares et si précieux, et pouvoir réfléchir au sens que peuvent avoir les mots « grâce » et « reconnaissance ».

Pasteur Fabian Clavairoly

Semaines à venir

  • Samedi 11 février : Départ du camp ski à Saas Fee jusqu’au 18 février
  • Dimanche 12 février à 10h30 : Culte
  • Jeudi 16 février à 15h00 : Causerie du jeudi, « Art et musique » par Jean-Michel Douiller

En regardant, en écoutant. Autour d’un tableau de Konrad Witz.

Le musée de l’Œuvre Notre Dame à Strasbourg abrite bien des merveilles. On peut ainsi y admirer une des œuvres maîtresses du peintre bâlois Konrad Witz, figure majeure de l’art du XVe siècle, Sainte Madeleine et sainte Catherine d’Alexandrie, chef-d’œuvre de ce précurseur de Dürer et de la Renaissance rhénane sera le fil conducteur d’un cheminement musical et visuel à la découverte des liens qui unissent le monde qui nous entoure et notre monde intérieur

  • Dimanche 19 février à 10h30 : Culte

 

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Édito

Déjeuner en paix

Ce mercredi nommé Mercredi des Cendres marque le commencement du Carême, ce temps liturgique au cours duquel nombre de protestants sont rattrapés par leur culture catholique et se demandent tout à coup ce qu’ils pourraient bien faire pendant ces quarante jours, alors que les catholiques, sous l’influence protestante, s’interrogent sur ce qui est vraiment légitime et ce qui l’est moins (surtout depuis la constitution apostolique Paenitemini qui a considérablement assoupli les obligations strictes, laissant une marge de manœuvre aux fidèles).

Pour de multiples raisons dont certaines sont un sujet de vigilance pour la Miviludes, le jeûne a le vent en poupe : en mars 2022, un sondage Ipsos révélait que près de 27 % des Français jeûnent régulièrement malgré le manque de consensus sur les bienfaits réels de cette pratique. Mais indépendamment de l’aspect physiologique, quel regard théologique porter sur un jeûne religieux ?

Le réformateur Jean Calvin a largement traité cette question dans l’Institution de la religion chrétienne, reprenant patiemment les sources bibliques dont nous disposons, selon le principe de la Réforme sola scriptura, afin d’identifier à la fois les superstitions et les malentendus entérinés par une tradition longtemps complaisante vis-à-vis de pratiques discutables.

Dans une relecture synoptique étonnamment moderne des ministères de Moïse et de Jésus – révélant au passage l’un des projets du rédacteur de l’Évangile selon Matthieu -, Calvin écrit : « Car comme Moïse avait miraculeusement jeûné quarante jours et quarante nuits, (…) c’était bien raison qu’il y eût un même miracle fait en Jésus-Christ pour qu’il ne semblât point que l’Évangile fût moindre que la Loi ».

C’était donc ça ! En mettant par écrit la vie et l’enseignement du Christ, il  convenait pour l’évangéliste de présenter Jésus comme le « nouveau Moïse » afin d’asseoir sa légitimité aux yeux de certains, et construire en l’occurence un récit qui puisse être perçu comme le symétrique exact, en miroir, du récit de l’Exode dans le Premier Testament.

Et Calvin enfonce le clou en ajoutant, lapidaire : « Or il est certain que Jésus-Christ n’a point jeûné pour donner exemple aux autres, afin qu’on le suivit (…) car Jésus-Christ n’a point jeûné plusieurs fois, comme il fallait qu’il le fît s’il eût voulu constituer une loi de jeûne annuel, mais une fois seulement » (IRC, livre IV, chap. XII, p. 233). Le thème « une fois pour toutes » est d’ailleurs un motif central chez Calvin, en particulier au sujet de la sanctification et de la rédemption qui nous sont acquises définitivement.

Quant au Carême et aux pratiques qui le caractérisent, dans la lignée des prophètes, comme Joël qu’il cite à plusieurs reprises, le jeûne en théologie réformée devrait être avant tout« affection intérieure du cœur ». Un programme dont chacun conviendra qu’il est autrement plus ambitieux que quelques privations culinaires, fussent-elle cruelles.

Ainsi suis-je heureux d’apprendre que l’Église allemande invite ses fidèles avec un slogan dont elle a le secret : « Avec sensibilité ! Sept semaines sans dureté », ou encore de lire ces quelques lignes sous la plume du Pape Léon XIV qui préconise avec sagesse : « Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse. »

En écho à la fois à ces programmes et à la conclusion de la prédication donnée dimanche dernier, les paroles que Jésus adresse à des pharisiens exaspérés nous reviennent alors à l’esprit : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche d’une personne qui la rend impure. Mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui la rend impure » (Mt 15, 11).

Pasteur Fabian Clavairoly

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.