« Ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas maudire, mais comprendre » Baruch Spinoza (1632-1677)

« Strasbourg et les juifs au Moyen-Age » ; « Martin Luther était-il antisémite ? » ; « Quand l’éthique empêche la religion d’être une idéologie », ou encore comme cette semaine : « Ce que les juifs disent de Jésus à travers les textes et les siècles ».
Ces sujets de conférences sur des thématiques qui dépassent largement le cadre du protestantisme me passionnent d’abord car ils sont au cœur de ce que je vis comme un engagement religieux à travers un engagement associatif à la fois dans et hors de l’Église : le dialogue inter-religieux.
Mais aussi parce qu’ils m’aident à avancer sur le chemin de la compréhension de l’autre dans tout ce qu’il peut avoir d’étrange, voire d’étranger à ce que je pense être.
Alors que les débats sur le séparatisme, sur la légitimité du concordat ou plus récemment sur le financement des mosquées prend une place démesurée dans l’espace public, sans doute est-il bon de rappeler que c’est avant tout l’ignorance et l’inculture qui forment le socle de la méfiance et du rejet.
Or ce qui semble pour certains d’entre nous être une évidence depuis des années ne l’est pas, au regard du faible nombre de personnes qui s’engagent ou s’intéressent à ce dialogue avec et entre les religions. Un dialogue qui relève pourtant aujourd’hui plus de l’urgence que du hobby.
Malgré les cours de culture religieuse dont sont au bénéfice les élèves d’Alsace-Moselle – et même malgré le catéchisme dont profitent les enfants des parents les plus investis dans l’éducation religieuse de leurs enfants -, on ne peut que constater combien le niveau de connaissance religieuse de la population est faible, et sa culture lacunaire.
Nous nous étonnons que l’incompréhension grandisse alors que nous n’avons parfois pas la même grille de lecture du monde, de son Histoire et de son destin et que nous l’ignorons !
Nous passons alors également à côté de tout ce qui nous rassemble et fait de nous des frères et des sœurs, bien au-delà de ce qui nous sépare.
Il nous revient, particulièrement en tant que chrétiens, de tout mettre en œuvre pour permettre et favoriser la rencontre, la discussion, la connaissance et la culture, et d’être les relais d’un dialogue de vérité avec tous ceux qui nous entourent. A l’image de notre Seigneur qui tout au long de son ministère n’a eu de cesse de franchir les frontières pour aller à la rencontre de celles et ceux qui étaient différents.
Non pas pour les railler, ni pour les déplorer ou les maudire, mais pour mieux les comprendre, et ainsi nous comprendre nous-mêmes.

Pasteur Fabian Clavairoly

Les rendez-vous de la semaine

– Culte ce dimanche à 10h30, avec la présence du pianiste Firmin Martens

– La célébration oecuménique de la Journée Mondiale de Prière à Strasbourg Centre aura lieu le vendredi 7 mai à 15h à l’église catholique de l’ancien Hôpital Civil
(tram Porte de l’hôpital).
Elle a été préparée par les chrétiennes du Vanuatu sur le thème: « Bâtir sur le roc ».

– Un chef d’orchestre entre deux siècles : Luca PFAFF
Entretiens avec Jean-Charles Golomb et Jean-Michel Douiller
Ce livre auquel a participé notre organiste sera présenté vendredi 7 mai à 18h.
Voici le lien du Live Facebook et Youtube vous permettant de découvrir cet ouvrage : https://fb.me/e/3CM9wfpbH

– Samedi 8 mai : balade de paroisse, autour de La Petite-Pierre
Départ 09h30, place de l’Université, ou 10h15 au parking de la  » Maison du Parc » à 67290 La Petite-Pierre .
Apporter : pique-nique et vêtements adaptés à la météo.

– Sortie de paroisse à la Bresse du 25 au 28 juin : le calendrier de déconfinement nous laisse espérer le maintien de cette sortie.
Notez donc ces dates au cas où nous pourrions l’organiser.

Pour aller plus loin sur le sujet du concordat :

https://www.lavie.fr/actualite/societe/faut-il-se-battre-pour-le-concordat-dalsace-moselle-73413.php

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Édito

Connaissez-vous Luisa ?

Il n’y a que 100 kilomètres entre Tübingen, ma ville natale, et Strasbourg, mais il y a ici pour moi beaucoup de choses à découvrir : des personnes intéressantes, des structures ecclésiastiques, des formes de culte, le statut particulier de l’Église en Alsace… Pour ces découvertes et ces expériences, j’ai eu la chance de passer près d’un an à Strasbourg dans le cadre du programme Erasmus en tant qu’étudiante en théologie protestante. Le Bouclier a été la première paroisse où j’ai assisté à un culte en septembre 2025 et je m’y suis tout de suite sentie très à l’aise. C’est pourquoi j’y effectue maintenant mon stage, afin de découvrir pendant un mois cette paroisse vivante et en particulier le quotidien de ses pasteur.e.s. Après deux semaines de stage, j’ai déjà pu acquérir de nombreuses expériences. Outre mon premier sermon dimanche dernier, ce sont surtout les deux cultes d’action de grâce et le culte de confirmation, ainsi que leur préparation, qui m’ont particulièrement marquée.

Dès ma première semaine de stage, j’ai accompagné Fabian Clavairoly à deux enterrements. Assister à un enterrement en tant que stagiaire est une expérience inhabituelle. En effet, on s’y rend généralement soit parce qu’on connaissait la personne décédée ou ses proches, soit parce qu’on y travaille en tant que pasteur.e, organiste ou entrepreneur.euse de pompes funèbres. En tant que stagiaire, j’étais un peu entre deux chaises, sans rôle précis. En même temps, j’ai trouvé ces moments intenses et, même si je ne connaissais ni les défuntes ni leurs proches, j’ai clairement ressenti le deuil qui régnait dans la salle. Pour moi, cela a été l’occasion d’observer et d’apprendre comment un pasteur peut organiser une cérémonie funéraire et à quel point il peut être important pour les proches d‘y participer. Le fait d’avoir pu assister à un entretien préparatoire pour l’un des deux cultes d’actions de grâce m’a notamment permis de comprendre une partie du processus. Car, comme dans de nombreux autres domaines du métier de pasteur, le travail ne se limite pas à la célébration du culte.

Lors du culte de confirmation à la Pentecôte, j’ai tout de suite remarqué à quel point il était personnalisé. Quand j’ai moi-même été confirmée il y a onze ans, je connaissais certains qui le faisaient plutôt pour les cadeaux ou pour leur famille. On parlait peu de notre foi personnelle. Ce qui m’a impressionnée au Bouclier, c’est que les jeunes suivent le catéchisme pendant trois ans. Au cours de cette période, on leur transmet des connaissances théologiques, ils réfléchissent de manière approfondie à leur propre foi et décident en conséquence de confirmer leur foi ou non. La confirmation devient ainsi une décision autonome et un espace d’apprentissage et d’épanouissement personnel, au lieu d’être un simple rituel. Et c’est là, pour moi, l’une des valeurs fondamentales du protestantisme : donner l’espace et les ressources nécessaires pour penser par soi-même. À la fin de leur parcours de catéchisme, les confirmand.e.s ont chacun.e reçu un livre en cadeau. J’étais présente lors de l’achat des livres et j’ai été touchée de voir à quel point Fabian et Juliette se sont efforcés de trouver un livre adapté à chacune et chacun des jeunes. Que cela soit possible tient sans doute, d’une part, à des facteurs externes tels que la petite taille du groupe mais, d’autre part, à l’engagement des deux pasteur.e.s.

Je suis très reconnaissante pour les expériences et les rencontres que j’ai pu vivre jusqu’à présent dans le cadre de mon stage, et j’attends avec impatience les deux semaines qui restent.

Luisa Herrmann

 

Brèves de la paroisse:

Méditation de Lionel sur le Psaume 139 : filiation intellectuelle entre la Réforme et Spinoza (refus de l’intermédiaire institutionnel, critique de la superstition, gouvernance préfigurant la démocratie) et apports de Spinoza dans la vie spirituelle et la lecture des Ecritures ; Accueil de Philippe Eber et Jean-Luc Sadorge pour présenter le projet luthérien d’organisation de Strasbourg-Centre : à la fois un projet de fusion de 3 paroisses luthériennes (Saint-Thomas, Temple neuf, Saint-Pierre-le-Jeune) et une proposition de collaboration renforcée des 9 paroisses sur des sujets transverses (culture, jeunesse, gestion du patrimoine), échanges sur les implications pour le Bouclier ; Retour sur la réunion du 18 mai au Quai St Thomas sur la « foncière » : projet de mutualiser et professionnaliser la gestion patrimoniale, participation des paroisses sur base du volontariat ; Rapport d’étonnement des deux stagiaires Luisa Herrmann et Dimitri Theodas, étudiants en théologie : liberté et autonomie au Bouclier, diversité de l’agenda, place du dialogue et des minorités, lien intergénérationnel, information sur théologie queer, accent sur la foi personnelle lors des confirmations et baptêmes, découverte des coulisses ; Fête de la musique : tartes flambées offertes par le restaurateur voisin, musique dès 18h30 avec jeunes musiciens, Gospel Friends, chœur du Stift, chœur Méditerranée puis 2 groupes invités (blues et brésilien).

Pour les rdv à ne pas manquer, cliquez sur le lien :

https://www.lebouclier.fr/categorie/evenements/

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.