Un peu de poésie contre l’intelligence artificielle

Cette semaine, le journal Réforme titre : “Intelligence artificielle. Les pasteurs entre attrait et méfiance”. On parle de plus en plus d’intelligence artificielle et pour une bonne raison : on ne peut plus les ignorer car elles sont partout. Face à cet état de fait se posent évidemment de nombreuses questions : quid de la consommation d’eau démesurée et invisible pour l’utilisateur ? Mais aussi, comment suivre le rythme face à des machines qui produisent en quelques secondes des textes que nous mettrions plusieurs heures à rédiger ? Ou encore, l’humanité va-t-elle se scinder entre celles et ceux qui sont capables d’une pensée individuelle sourcée ou créative, et les autres, qui face à chaque question, se tournent vers l’IA ?

Pour moi, il est important d’apprendre à se servir de ces nouveaux outils qui nous facilitent souvent bien la vie. Mais je m’oblige en parallèle à soigner et entretenir mon imagination et ma créativité. Je lis donc beaucoup, notamment de la poésie.

Ainsi, en ce temps de vacances pour certaines et certains, je vous propose de découvrir l’un de mes poètes chrétiens préférés, Jay Hulme. Originaire de Leicester, il s’est converti à l’anglicanisme en 2019 et a la capacité de dire et penser Dieu d’une manière originale qui me nourrit ma foi. 100% sans intelligence artificielle.

Je vous propose de le découvrir en anglais d’abord, puis en français:

Splitting Fares

Because I love you / I’ll tell you how this goes / one day you will meet a man / and the man will promise you / everything / and you will ask the man / if he is God / and he will laugh and say / there is no God / and you will nod politely and drink cocktails // and in the taxi home / the stranger you’re splitting the fare with will ask / how did it go with that laughing man/ and you will answer / nothing is less attractive / than laughter directed at faith / and she will smile / and maybe it’s the street lights / but her pupils flash / like flames // and when she places her hand / on the seat between you / you take it without thinking / and you see the driver / has a halo / and the roadway / is the cosmos / and when she kisses your forehead / it feels like the meaning of love // and when you arrive / when the taxi pulls up outside your house / you will ask her if she will come in / for a coffee / for a tea / for a glass of water / for anything at all / and she will smile / and you will question all you have seen / until she speaks:

I am already there with you

Don’t you see?

I always have been

And the taxi will drive off / the exhaust rattling / a little over the road / perhaps when you’re in church tomorrow / you’ll spot her off in the corner enjoying the show / and you’ll swear her eyes flicker at every /                                                                                              AMEN

Partager la course

Parce que je t’aime / je vais te raconter comment ça se passe / un jour, tu rencontreras un homme / et cet homme te promettra / tout / et tu lui demanderas / s’il est Dieu / et il rira et dira / Dieu n’existe pas / et tu acquiesceras poliment en sirotant des cocktails // et dans le taxi qui te ramène chez toi / l’inconnue avec qui tu partages la course te demandera / comment ça s’est passé avec cet homme qui riait / et tu répondras / rien n’est moins attirant / que le rire dirigé contre la foi / et elle sourira / et c’est peut-être la lumière des réverbères / mais ses pupilles brillent / comme des flammes // et quand elle pose sa main / sur le siège entre vous / tu la prends sans réfléchir / et tu vois le conducteur / a une auréole / et la chaussée / est le cosmos / et quand elle embrasse ton front / cela ressemble au sens de l’amour // et quand tu arriveras / quand le taxi s’arrêtera devant chez toi / tu lui demanderas si elle veut entrer / pour un café / pour un thé / pour un verre d’eau / pour n’importe quoi / et elle sourira / et tu remettras en question tout ce que tu as vu / jusqu’à ce qu’elle dise :

Je suis déjà là avec toi

Tu ne le vois pas ?

Je l’ai toujours été

Et le taxi s’éloignera / le pot d’échappement cliquetant / un peu plus loin sur la route / peut-être que demain, à l’église / tu l’apercevras dans un coin en train de profiter du spectacle / et tu jureras que ses yeux clignotent à chaque /                                     AMEN

 

Tiré de: Jay Hulmes, The Backwater Sermons, Canterbury Press, Norwich, 2021.

Nous avons toutes et tous besoin de poésie, plus que jamais peut-être aujourd’hui. Pour nous souvenir justement, que nous ne sommes pas des machines mais des êtres capables d’émotions, d’imagination et de sensibilité. Car je crois que Dieu nous rencontre dans notre vulnérabilité poétique.

Et vous ? Quel est votre poème préféré ?

Pasteure vicaire Juliette Marchet

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Édito

Ordination de la pasteure Juliette Marchet

Le saviez-vous ?

Pour accéder au ministère pastoral dans notre Église (l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) il faut avoir compléter un cursus de cinq années de théologie protestante et trois années de formations professionnalisantes appelées vicariat. Durant ces trois dernières années, il faut à plusieurs reprises avoir rencontré la « Commission des ministères », un groupe de personnes qui suivent, discernent et agréent bénévolement les potentielles pasteures. Et enfin, une fois que cette commission a donné un avis positif, il faut que le Conseil restreint de l’Uepal décide d’accueillir les candidates comme ministre de l’Union d’Église.

Beaucoup de mots pour vous dire que cela fait huit années que je me prépare à devenir pasteure et que j’arrive enfin à la fin de ce parcours marqué par mon culte d’ordination ! Ce culte sera célébré collectivement avec mes collègues de promotion qui elles et eux aussi, ont suivi ce long parcours et occupent désormais leurs postes dans différentes paroisses d’Alsace et de Moselle.

Selon le texte de référence de la Communion d’Églises Protestantes en Europe, Ministère – Ordination – Episkopé, « l’ordination est l’action officielle effectuée au nom de Dieu par laquelle une Église reconnaît et confirme la vocation d’une personne et ses aptitudes à un ministère spécifique et mandate la personne ordonnée en vue de ce service. L’acte liturgique d’ordination se déroule au milieu de la communauté réunie pour son culte et comprend l’imposition des mains et la prière appelant la venue de l’Esprit Saint. Cet acte rappelle que tout ministre dépend de la force, de l’inspiration que Dieu lui accorde, ainsi que de la prière de la communauté demandant à Dieu de l’accompagner de son Esprit Saint dans le service qui l’attend. L’ordination ne créé cependant pas une distinction qualificative entre les personnes ordonnées et celles qui ne le sont pas au sein de tout le peuple de Dieu. »

Ainsi, en étant ordonnée le dimanche 18 octobre, je ne rentre pas dans un « ordre » de personnes qui seraient plus proches de Dieu. A mon sens, l’ordination est un événement qui n’aura lieu qu’une seule fois dans ma vie, où l’on demandera à Dieu, devant une assemblée, de me donner la force et la bénédiction de me mettre au service de l’Église et de ses membres. Car être pasteure, ce n’est pas seulement avoir un beau CV de huit années (ou plus !) de formation. C’est avant tout vivre une vocation : celle de faire confiance à Dieu et me lancer dans l’aventure folle de servir l’Église, en 2026, dans notre monde sécularisé, où être pasteure n’est pas particulièrement vu comme un métier « cool ».

Dans le monde réformé, on parle plutôt de « reconnaissance des ministères ». Mon côté luthérien m’a fait choisir le terme ordination car je crois que même si j’arrêtais un jour d’être pasteure, on ne pourrait pas m’enlever le fait que je l’ai un jour été. Un peu à la manière d’un baptême, je crois qu’il y aura un avant et un après l’imposition des mains et la bénédiction que je recevrai le 18 octobre. En devenant officiellement pasteure, je ne deviens pas meilleure que les autres, loin de là. Mais je crois que pasteure n’est pas un métier comme les autres, et c’est ce que j’aime.

Alors merci chère communauté du Bouclier de m’avoir accueilli et de m’avoir permis de continuer à aimer être pasteure ! Je sais que j’ai beaucoup de chance de pouvoir débuter mon ministère auprès de vous. Alors si c’est possible pour vous, j’aimerais vous demander de penser à moi le dimanche 18 octobre. Et si vous le pouvez, vous êtes bien entendu les bienvenu·es pour vivre ce culte en présence avec nous à Saverne.

Les informations pratiques : le culte aura lieu le dimanche 18 octobre 2026 à 15 heures à l’église protestante de Saverne (Place des Dragons). Le culte sera suivi d’un moment convivial à la salle Marie-Antoinette au château des Rohan.

Pasteure Juliette Marchet

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.