Je forme en premier lieu des vœux de paix en ces temps de réelle tension internationale, en Afrique, au Proche-Orient mais aussi et surtout aux frontières mêmes de l’Europe où des enjeux importants nous concernent directement et menacent notre continent, je forme ensuite des vœux d’apaisement, d’apaisement social au temps des inquiétudes liées à la pandémie, des colères et des fatigues ressenties par beaucoup de nos contemporains, et je forme enfin des vœux d’espérance et de mobilisation citoyenne et chrétienne, au moment des choix électoraux à venir dans notre pays. Que le discernement auquel nous sommes toutes et tous appelés et qui se traduit par l’acte du vote que chacun doit accomplir, soit un discernement inspiré par la sagesse.(…)
Calvin à Strasbourg, une journée qui a trouvé son public
Le samedi 10 octobre, la paroisse réformée du Bouclier, à Strasbourg, a consacré une journée entière à Jean Calvin et à son œuvre majeure, l’Institution de la religion chrétienne.
C’était un pari, car si le réformateur a séjourné dans la ville de 1538 à 1541, auprès des protestants francophones réfugiés, peu nombreux sont celles et ceux qui assument son héritage publiquement.
Le fait que le dernier événement en lien avec sa théologie date d’il y a plus de quinze ans montre une réalité : Calvin est plus étudié et apprécié à l’étranger que dans son pays d’origine.
L’ambition était donc simple : faire découvrir à un public large un auteur souvent réduit à une caricature, celle d’un homme austère et autoritaire : « au mieux un inconnu, au pire un mal-aimé ». Il s’agissait de le resituer comme théologien majeur, mais aussi – c’est plus audacieux -, comme pasteur, et de montrer en quoi sa pensée peut encore nourrir la réflexion del’Église et de la société.
Le programme a tenu cette promesse. Marc Vial a ouvert la journée avec la prédestination et la providence au fil des éditions de l’Institution en lisant la communication de Matthieu Arnold, Olivier Millet a ensuite montré comment, dans un geste novateur, Calvin est devenu auteur français de son œuvre en latin. L’après-midi, Philippe Aubert et moi avons montré comment l’humaniste s’humanise au contact des réfugiés. Enfin, Marc Vial a terminé par les ressources actuelles de la théologie calvinienne.

Dans le mois qui a suivi, l’exposition « Un livre, un homme », écrite par Olivier Millet, a pu être visitée, et va maintenant tourner dans tous les lieux intéressés, comme les paroisses de Mulhouse qui l’ont déjà réservée.
Cette journée a été un succès au-delà de nos espérances : une centaine de personnes ont fait le déplacement pour suivre les conférences en présence. À distance, plus de 400 personnes se sont connectées en direct sur la chaîne YouTube du Bouclier. Depuis, les enregistrements ont été vus plus de 2 000 fois, ce qui montre que l’intérêt pour Calvin est plus large que ce que sa réputation laisse penser : https://c.dna.fr/societe/2026/10/08/colloque-redecouvrir-jean-calvin-et-son-oeuvre-majeure
Ce résultat conforte le Bouclier dans son rôle de lieu de réflexion théologique, ouvert à toutes et à tous, où l’on prend le temps de lire, de questionner et de débattre.
Un grand merci aux intervenants, à nos partenaires, aux bénévoles et à tous les participants, sur place comme derrière l’écran, ainsi qu’à nos généreux donateurs qui ont financé cette journée par des dons affectés.
Les conférences restent accessibles sur la chaîne YouTube @eglisedubouclier, et je ne peux que vous inviter à les découvrir.
Pasteur Fabian Clavairoly