Je souhaite tout d’abord vous dire notre vive reconnaissance d’avoir accepté l’invitation à ce repas et à cette soirée. C’est un honneur et une joie de vous compter parmi nous. Bienvenue, Monsieur le Président. Il n’est pas dans mes habitudes de m’adresser ainsi à vous, ni même devant une telle assemblée que je découvre pour une part, que je remercie d’être venue et que je salue. Comme vous le savez, ce rendez-vous a quelque chose d’inaugural et sans doute d’original, et je voudrais donc saluer et remercier aussi toutes celles et ceux qui l’ont imaginé, préparé, et qui l’ont rendu possible. Tous ceux qui ont pris une part à ce projet se reconnaitront dans ces salutations vraiment fraternelles, mais je pense en particulier à Guillaume Dard, Axel Dumas, Aude Millet et Guillaume de Seynes, avec qui les choses ont commencé de façon si ténue, il y a quelques temps déjà au point d’aboutir enfin aujourd’hui, et bien évidemment à Xavier Moreno qui aura largement pris sa part dans la réalisation concrète du projet avec détermination, sagesse et bienveillance. (…)
Hommage à Madeleine Junod

La disparition de Madeleine Junod, survenue subitement dans sa 95ème année des suites d’un arrêt cardio-respiratoire dans la nuit du 8 au 9 janvier, chez elle, aux Jardins d’Alsace, nous a tous profondément affectés. Avec elle, la paroisse du Bouclier perd bien plus qu’un de ses membres les plus anciens : elle perd une figure familière et profondément aimée, un pilier discret mais solide de sa vie communautaire.
Née à Strasbourg, Madeleine Junod a grandi à Lyon dans une famille alsacienne, et y a rencontré son mari, François Junod, médecin homéopathe, avec qui elle s’est installée à Strasbourg, au quai Saint-Thomas, où ils ont élevé leurs trois enfants.
Très tôt engagée dans la paroisse, elle y a servi fidèlement, notamment comme conseillère presbytérale dans les années 1980, mettant son sens du discernement et son attachement à l’Église au service de tous.
Au décès de son mari, elle avait trouvé aux Jardins d’Alsace un home dans lequel elle se sentait bien, et où elle avait rejoint son frère Georges Lehrmann.
Personnalité réservée, Madeleine ne cherchait jamais à se mettre en avant. Et pourtant, elle rayonnait. Par son empathie, par un humour paisible et fin, par une attention constante aux autres. Elle savait écouter, conseiller sans imposer, forte d’une vie marquée par des épreuves qu’elle avait traversées avec courage et lucidité. Elle avait des convictions solides et savait les exprimer simplement. Lorsqu’elle avait pris une décision, elle ne la regrettait jamais.
Se contentant de peu, gardant une profonde confiance et un optimisme tenace, Madeleine puisait sa joie dans l’essentiel. Elle se savait accompagnée. Éloignée géographiquement de ses enfants, son bonheur était, coûte que coûte, de participer au culte — au temple ou dans sa résidence — de rester pleinement liée à la vie de la paroisse, de recevoir des amis chez elle. Peu à peu, une véritable complicité s’était nouée entre elle et nombre d’entre nous, toutes générations confondues. Elle me disait par exemple s’étonner qu’autant de personnes ressentent le besoin de l’appeler par son prénom, ne pouvant que constater, avec néanmoins un certain plaisir, le sentiment de proximité qui naissait chez celles et ceux qui la fréquentaient. Le Bouclier était devenu sa famille.
Madeleine nous manquera longtemps. Sa présence humble, fidèle et fraternelle demeure inscrite dans la mémoire collective de notre communauté, comme un témoignage lumineux de ce que signifie vivre l’Évangile, simplement et jusqu’au bout.
Un culte d’action de grâce aura lieu à l’Église du Bouclier
le vendredi 10 avril à 14h30.
Dans l’espérance imprenable de la résurrection,
Pasteur Fabian Clavairoly