Peut-être avez-vous remarqué cette semaine des enfants déguisés… Le carnaval ? Cela fait bien longtemps que vous ne le fêtez plus, si tant est que ce fut le cas un jour. Peut-être avez-vous aussi remarqué ces beignets gras et sucrés dans votre boulangerie préférée, mais vous avez comme moi passé votre tour, plus par égard pour votre ligne que par conviction religieuse.

C’est que Mercredi, dans le vacarme du monde et de nos vies agitées, nous sommes entrés dans ce temps du Carême qui ne nous dit à vrai dire plus grand-chose et dont seuls deux ou trois détails témoignent encore dans notre paysage.

« Alors Jésus fut emmené par l’Esprit au désert, pour être mis à l’épreuve par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim » peut-on lire dans l’Évangile de Matthieu au chapitre 4. Alors que la montée vers Pâques s’ouvre devant nous et qu’il nous revient de l’habiter librement pour lui donner du sens, le Christ nous apprend que l’être humain ne vit pas de pain seulement mais d’une parole de vie. A nous de la lire, et de l’entendre, de nous en nourrir au quotidien pour ne pas sombrer dans la tentation du nihilisme.

Le Christ nous redit également de manière ultime que l’être humain ne trouve pas le bonheur en s’adorant lui-même et en s’instaurant comme idole de ses propres actions de grâces, mais que c’est bien Dieu l’horizon de sa vie et de sa route.

En protestantisme, pour des raisons historiques et théologiques, ce chemin vers Pâques n’obéit à aucune obligation religieuse, aucune injonction morale, ni aucun interdit alimentaire, mais bien plutôt au désir sincère d’éprouver une faim que l’on sait pouvoir être rassasiée par la présence du Christ.

Puissiez-vous trouver pour vous-mêmes et en famille, dans les habitudes mais aussi dans la spontanéité, les gestes, les mots, les lectures et les prières qui feront de ce temps particulier un lieu pleinement habité.

Pasteur Fabian Clavairoly

 

A noter

  • Dimanche 18 à 10h30 : Culte
  • Samedi 24 au samedi 2 mars : Camp ski pour les 10-15 ans

 

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Édito

Ce mercredi nommé Mercredi des Cendres marque le commencement du Carême, ce temps liturgique d’une durée de quarante jours au cours duquel les protestants sont souvent rattrapés par leur culture catholique et se demandent ce qu’ils pourraient bien faire, alors que les catholiques, sous l’influence protestante, s’interrogent sur ce qui est vraiment légitime et ce qui l’est moins.

Le réformateur Jean Calvin a largement traité cette question dans l’Institution de la religion chrétienne, reprenant patiemment les éléments bibliques dont nous disposons, selon le principe de la Réforme sola scriptura, afin d’identifier à la fois les superstitions et les malentendus théologiques entérinés par une tradition longtemps complaisante vis-à-vis de pratiques discutables.

Dans une relecture synoptique étonnamment moderne des ministères de Moïse et de Jésus, révélant au passage l’un des projets du rédacteur de l’Évangile selon Matthieu, Calvin écrit : « Car comme Moïse avait miraculeusement jeûné quarante jours et quarante nuits, (…) c’était bien raison qu’il y eût un même miracle fait en Jésus-Christ pour qu’il ne semblât point que l’Évangile fût moindre que la Loi ».

C’était donc ça ! Il convenait pour les Évangiles de présenter Jésus comme le nouveau Moïse afin d’asseoir sa légitimité aux yeux de certains, et construire en l’occurence un récit qui puisse être perçu comme le symétrique exact, en miroir, du récit de l’Exode.

Et Calvin enfonce le clou en ajoutant, lapidaire : « Or il est certain que Jésus-Christ n’a point jeûné pour donner exemple aux autres, afin qu’on le suivit (…) car Jésus-Christ n’a point jeûné plusieurs fois, comme il fallait qu’il le fît s’il eût voulu constituer une loi de jeûne annuel, mais une fois seulement » (IRC, livre IV, chap. XII, p. 233). Le thème « une fois pour toutes » est un motif central chez Calvin, en particulier au sujet de la sanctification et de la rédemption qui nous sont acquises définitivement.

Pour revenir au Carême et aux pratiques qui le caractérisent, dans la lignée des prophètes, comme Joël qu’il cite à plusieurs reprises, le jeûne en théologie réformée devrait être avant tout« affection intérieure du cœur ». Un programme dont chacun conviendra qu’il est autrement plus exigeant que quelques privations culinaires, fussent-elle cruelles.

C’est ainsi que j’ai lu avec reconnaissance ces lignes sous la plume du Pape Léon XIV qui préconise avec sagesse : « Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. »

En écho à la conclusion de la prédication donnée dimanche dernier par Jean-Gustave Hentz, les paroles que Jésus adresse à des pharisiens exaspérés nous reviennent alors à l’esprit : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche d’une personne qui la rend impure. Mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui la rend impure » (Mt 15, 11).

Pasteur Fabian Clavairoly

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.