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Le roi, l’UEFA et le Magnificat : en attente. Semaine du 4 décembre 2021

Le chœur du Bouclier chantera dimanche un Oratorio de Haendel (Zadok the priest) souvent repris pour des couronnements ou des mariages princiers parce que cette œuvre chante l’attente d’un roi ! On peut comprendre que cet Oratorio ait aussi inspiré l’hymne de l’UEFA. Et le chœur interprètera aussi un Magnificat, ce cantique qui « est le plus passionné, le plus sauvage, on pourrait presque dire le cantique de l’Avent le plus révolutionnaire qui ait jamais été chanté. Ce n’est pas la douce, tendre, rêveuse Marie comme on la voit souvent sur les images, c’est la femme passionnée, emportée, fière, enthousiaste qui parle ici… Un chant dur, fort, implacable de trônes écroulées et de puissants humiliés, de force de Dieu et d’impuissance humaine » (Dietrich Bonhoeffer).
Le Magnificat est bien en tension avec cette attente du roi de l’oratorio d’Haendel : les deux textes, les deux chants sont liés comme par la nostalgie d’une Bonne Nouvelle : un roi a toujours été désiré, devant vaincre le chaos, être fidèle à Dieu et faire régner la justice ; et en même temps le statut de roi ainsi que son bilan auront été fortement critiqués.
Le Magnificat dit que l’enfant de Marie est le « roi désiré » depuis toujours, mais un roi qui parle d’un Dieu humain et aimant, que l’on peut tout à fait ignorer, mais dont le règne est au cœur de la vie – ici et maintenant, comme l’enfant est au cœur de la naissance attendue de Noël.
capture_d_e_cran_2021-12-03_a_01.35.41.pngCe sera une veillée particulière : la reprise du chœur depuis 2 ans. Il nous faudra tenir ces deux défis : le bonheur de partager une musique et la contrainte du masque. Avec cœur et confiance.
Pasteur Pierre Magne

Les rendez-vous de la semaine

  • Dimanche 5 décembre, 17h00 : Veillée d’Avent avec le chœur du Bouclier. Cimarosa : Magnificat ; Haendel : Oratorio Zadok the Priest « en présence » et sur www.envideo.lebouclier.fr
    Par de culte le matin.
  • Dimanche 12 décembre
    journée des enfants de Dimanche En Fête
    09h00, catéchisme d’adulte: L’expérience spirituelle est indicible, comment néanmoins la raconter ? Avec Rémi Gounelle, professeur à la faculté de Théologie Protestante.
    10h30 : culte en musique

A découvrir

  • Corpus Christi est une série documentaire sur ARTE, en douze parties qui présente l’état de la recherche historique sur Jésus de Nazareth .Les origines du christianisme y sont traitées au travers de l’étude de l’Evangile de Jean par vingt-sept chercheurs laïcs et théologiens de confessions diverses.
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020741/corpus-christi/
  • L’humour juif : l’impossible vérité . Exploration en deux volets de l’humour juif, à la fois pilier culturel hérité des textes anciens et philosophie de vie, qui s’impose comme un inépuisable remède au malheur. Car peu d’éléments illustrent aussi pleinement la culture juive que son humour.
    https://www.arte.tv/fr/videos/100269-001-A/l-humour-juif-1-2/

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Édito

Épiphanie : quand la légende fait oublier la révélation

L’Épiphanie est aujourd’hui, pour beaucoup, une fête aimable et inoffensive. Une galette partagée, une fève, trois rois exotiques… Une fête folklorique, presque décorative, qui a glissé du cœur de la confession chrétienne vers l’imaginaire populaire. On en a conservé les images, tout en les vidant de leur portée théologique.

Cette transformation ne doit rien au hasard. Elle est largement héritée de l’immense succès de la Légende dorée de Jacques de Voragine, au XIIIᵉ siècle. Cet ouvrage d’un religieux dominicain italien conçu pour l’édification des fidèles a profondément marqué la piété médiévale et l’imaginaire chrétien occidental. Son titre est à lui seul révélateur : Legenda ne signifie pas à l’origine « ce qui est faux », mais « ce qui mérite d’être lu ». Or, au fil du temps, le mot a changé de sens. La légende n’est plus ce qui éclaire et transmet, mais ce qui enjolive et finit par détourner de la vérité du texte. En commençant votre récit par les mots : « je vais vous raconter une légende », vous hypothéquez grandement les chances d’être véritablement pris au sérieux.

Avec la Légende dorée, les mages de l’Évangile deviennent donc des rois, reçoivent des noms devenus célèbres, des âges, des continents, une histoire complète, presque des biographies. Le récit biblique volontairement sobre et dérangeant, se trouve enrichi, complété, recouvert d’un glacis narratif au point que ce qui relevait de la révélation devient épopée. Et en passant du mystère à la fresque, ce qui interpellait devient rassurant.

Or l’Évangile selon Matthieu ne raconte rien d’un conte aimable. Il met en scène des étrangers venus d’Orient qui lisent les signes du ciel mieux que les autorités religieuses de Jérusalem. Des hommes qui se trompent de chemin et croisent le pouvoir violent d’Hérode, avant de trouver l’enfant en quittant les palais pour une maison ordinaire, à la lumière d’une prophétie ancienne. La révélation n’a rien de spectaculaire : elle est discrète, fragile, et profondément décentrante.

Cette légendarisation n’est d’ailleurs pas restée sans conséquences concrètes dans la manière de vivre la foi en Occident. La question des reliques en est l’un des signes les plus visibles. Selon la tradition relayée par la Légende dorée, les corps des rois mages auraient été découverts en Orient, transférés à Constantinople, puis à Milan, avant d’être solennellement déposés à Cologne au XIIᵉ siècle. La présence de ces reliques transforme alors la ville en haut lieu de pèlerinage. Dès le Moyen Âge, Cologne devient, après Rome, la ville la plus visitée de la chrétienté occidentale. La légende façonne ainsi la géographie spirituelle de l’Europe, mêlant foi, pouvoir, économie du pèlerinage et donc prestige ecclésial.

Mais ce déplacement est aussi révélateur d’un glissement plus profond. Ce qui devait conduire à la rencontre du Christ vivant s’est parfois alors  fixé dans la vénération d’ossements supposés, dans la sacralisation de lieux et d’objets, dans l’illusion qu’on puisse approcher Dieu par le détour de ce qui se voit, se touche et se conserve.

L’Évangile de l’Épiphanie ne connaît pourtant ni tombe à honorer, ni reliques à préserver, ni sanctuaire à parcourir. Il raconte une rencontre brève et décisive, puis un départ. Les mages ne deviennent pas les gardiens d’un lieu sacré : ils repartent, intérieurement déplacés, par un autre chemin. La révélation ne s’installe pas. Elle met en route.

C’est pourquoi l’Épiphanie rappelle avec force que la foi chrétienne ne repose pas sur des médiations accumulées, mais sur l’écoute confiante de la Parole. Là où la légende a parfois figé la foi dans des formes rassurantes, l’Évangile, lui, dérange, décentre et libère.

L’Église ne vit pas de reliques, mais de la Parole annoncée ; non de ce qui se conserve, mais de ce qui se proclame et appelle à la foi.

Pasteur Fabian Clavairoly


 

Brèves du Conseil presbytéral de janvier :

Le Conseil presbytéral vous présente un résumé de sa rencontre mensuelle sous formes de brèves : Fabian Clavairoly entame notre réunion par un quizz théologique sur l’Épiphanie autour d’une galette des rois ; Appartements rue Fischart : acquéreurs potentiels identifiés ; Finances paroissiales : dons réguliers et dons exceptionnels au-delà de nos prévisions, mais risque de problèmes de trésorerie à court terme avant la vente des appartements ; Weekend de travail du CP envisagé au Climont en mars ; Camp Awesome prévu du 15 au 24 juillet avec Juliette Marchet (validation BAFD) et Marie-Claire Gaudelet ; Réflexion à lancer sur les futurs remplacements au CP et départs en retraite

Tous les membres du CP se tiennent à votre disposition pour échanger davantage, n’hésitez pas à les contacter !

Welcome

Le Bouclier wishes to be, above all, a lively Reformed parish. As heir to the first Reformed community founded by Jean Calvin, « Le Bouclier » (The Shield, named after the name of the street) is made up of 1,200 members and accompanied by two pastors.

« Le Bouclier » seeks to offer sharing and communion in an open-minded way so that parishioners and their friends may live through their spiritual questions together in the light of the Gospel. Today, all age groups are equally represented with, as a consequence, very active young people.

We offer a church service every Sunday which is sometimes followed by lunch. There are activities for all ranging from a group of young parents, a choir, « les doigts agiles » (nimble fingers), « les causeries du jeudi » (Thursday afternoon chats), evening meals, Bible studies, adult catechism and long walks which take place at different periods of the year.

Willkommen

Herzlich willkommen. Die evangelische reformierte Gemeinde « Le Bouclier » ist die Erbin der ersten Gemeinde, die in Strasbourg von Jean Calvin gegründet wurde.

Alle Altersgruppen haben ihren Platz und ein Schwerpunkt liegt auf der Jugendarbeit: vom Krabbelgottesdienst, über den Kindergottesdienst und Konfirmandenunterricht, bis zur Jugendarbeit, mehreren Freizeiten, und internationalen Workcamps. Andere Aktivitäten der Gemeinde sind der Chor, der Gospelchor, der Frauen-Handarbeitskreis, das Treffen der Senioren, die « Essen zu Hause mit je 8 Personen », die Wandergruppe, Bibelkreise, Erwachsenenkatechismus…

Die musikalischen Aktivitäten, herkommend von der reformierten Psalmtradition, und heute mit den Chören, der neuen « von JS Bach erträumten » Orgel, und vielen Konzerten, Kantatengottesdiensten, ist ein anderer Schwerpunkt der Kirchengemeinde.

Nach dem Sonntagsgottesdienst (um 10h30) findet einmal im Monat ein gemeinsames Essen statt.

Die Gemeinde besteht heute aus 1200 Gemeindemitgliedern mit zwei Pfarrstellen . »Le Bouclier » bietet den Gemeindemitgliedern und ihren Freunden einen Ort, an dem sie sich begegnen können und an dem sie ihre Fragen und Beschäftigungen hinsichtlicht ihres Glaubens teilen und leben können.